La fausse bonne idée : Je vous en parlais déjà dans les pièges de l’été : c’est une période propice à une explosion de bonnes résolutions, changement de vie, tournages de pages etc.
C’est également une période dans laquelle vous testez tout un tas de truc en espérant provoquer une espèce de déclic vers une vie meilleure.
En bientôt 34 ans d’existence, j’ai eu le temps d’en tester des idées d’évolution, d’amélioration, de développement personnel (à la noix ou pas).
Je vous fait ici mon retour d’expérience et je vous livre les conclusions des idées testées par mes soins. Peut-être que cela fera écho en vous, et peut-être que vous saurez me dire ce que j’ai manqué.
Dans tous les cas, je vous proposerai également en bonus des idées de solutions à ces fausses bonnes idées.
Fausse bonne idée numéro 1 : le changement radical de style de vie.
C’était en 2007-2008. Je voulais absolument rentrer de vacances en étant « un homme changé ». Je voulais que tous mes collègues me disent que j’étais devenu carrément trop cool, un gars bien hyper dynamique etc.
Pour ce faire, je me suis donc lancé dans une remise en question profonde de mon style de vie à tous les niveaux.
Changement d’habitude alimentaire radical : un régime.
Changement d’habitude de sommeil : je me couche une heure plus tôt, je me lève une heure plus tôt
Changement d’hygiène de vie : aller au sport 3 fois par semaine au lieu d’une.
Changement de loisirs : plus d’ordinateur, à la place…. je travaille.
Changement de façon de dépenser l’argent :
« Fais comme moi et survis avec 25% de ton salaire, tu seras heureux. »
Le constat fut implacable : Echec total.
Sur tous les plans.
J’ai commencé par abandonner l’idée de me lever une heure plus tôt (après tout, j’en n’ai pas besoin hein), ma vie a vite manqué de fun à force de bosser la finance au lieu de me divertir.
Vous vous rendez compte ? Je commençais à éprouver un manque de FUN ! d’amusement ! Je savais même pas que c’était possible. Ca vous est déjà arrivé ?
Le rythme du sport est passé de 3 fois à deux fois par semaine, puis 1 fois (comme avant) et … plus du tout parce que j’en avais marre.
Quant à ma façon de dépenser l’argent, j’ai tenu deux mois. Un jour je suis allé à la fnac et j’ai acheté pour 200€ de CD-DVDs-Jeux etc.
Dont un cd que je n’ai même pas encore écouté à ce jour.
Sinon, le régime a réussi à me faire gagner 2 kg. Bravo. Comment gagner du poids en mangeant moins.
Que faire dans ce cas là ?
Aucune des idées ci-dessus n’est mauvaise si elle est prise séparément. La fausse bonne idée c’est d’imposer à son corps et son esprit un changement trop radical.
J’ai clairement fait n’importe quoi dans tous les domaines cette année là. Je ne me suis même pas renseigné avant de me jeter à l’eau. On m’aurait dit de me jeter par la fenêtre, je l’aurai fait, pensant trouver une vie meilleure.
Pour votre mémoire, votre cerveau et votre hygiène de vie, il est donc intéressant de considérer certains changements, ou certaines optimisations, mais chacun(e) doit être vu(e) comme un projet à part entière prenant l’essentiel de votre temps.
Vous voulez modifier votre façon de faire du sport ? Etudiez ce qui serait le plus adapté pour vous, et quels résultats voulez-vous obtenir.
Vous voulez dépenser moins sans éprouver de manque ? Lancez-vous dans la théorie du Cappuccino.
Etc.
En faisant tout en même temps, votre corps et votre esprit ne supporteront pas le changement longtemps qui sera synonyme de douleur.
Fausse bonne idée numéro 2 : devenir « Yes man/woman ».
YES MAN est un film génial que je vous encourage à aller voir de tout mon coeur. Clairement ce n’est pas le film du siècle, mais vous passez un bon moment et à la fin vous réfléchissez sur votre condition.
En gros, votre mémoire a plus de chances de le retenir que la quatrième saison de LOST.
Ce que j’appelle est un « Yes man » (ou woman) ici, c’est dans le sens : « J’accepte tout ce que me dit mon cerveau sans réfléchir ».
Ca m’est arrivé régulièrement, et sans doute vous aussi.
Alors c’est quoi être un Yes man ?
– Le lundi vous voyez une vidéo sur youtube d’un gars sous hypnose. Vous voulez devenir hypnothérapeute.
– Mardi vous découvrez sur Amazon 5 livres sur l’art de gérer correctement son temps. Vous les achetez tous en vous promettant de devenir le dieu/la déesse de la productivité
– Mercredi vous vous dites que des études par correspondance en vue d’obtenir un diplôme serait trop cool. Vous vous inscrivez en ligne à Paris 8.
– Jeudi, vous vous mettez en tête de mémoriser tout votre programme de math avant la rentrée. Vous mémorisez toutes les formules de math
– Vendredi, vous allez à la piscine avec vos amis. L’un d’eux fait un beau plongeon sous le regard admiratif des spectatrices. Vous songez sérieusement à devenir plongeur professionnel (pas dans un restaurant hein).
– Samedi, vous croisez Greg. Il s’est fait agressé à la sortie d’une boite de nuit parce qu’il n’avait pas de clope. Vous vous inscrivez à des cours de Krav Maga, parce que le karaté c’est dépassé.
– Dimanche, vous regardez Capital qui passe un reportage sur Stéphanie qui a fait fortune à New York en devenant patissière. 2 ans de CFA et c’était bon. Vous avez trouvé votre chemin de vie.
Etc.
« Trop bien cette émission !!! Je vais m’inscrire ! » © fausse bonne idée anonyme
C’est comme si votre cerveau était devenu perméable à toutes les idées qui passent ! Evidemment, comme pour la fausse bonne idée numéro 1, vous n’accomplirez rien de tout cela et vous vous sentirez honteux(se), misérable et triste.
Vous priez juste pour que personne ne vous pose de question sur vos 5 bouquins d’Amazon sur la gestion du temps alors que votre bureau est un foutoir monstrueux.
Que faire ?
Quand votre cerveau devient Yes Man et qu’il trouve toutes les idées super bonnes, méfiez-vous. C’est un signal que vous êtes tourné(e) vers le résultat et non le chemin à parcourir pour y arriver.
Vous êtes emballé(e) par les résultats. Personnellement, quand ca m’arrive, je prend cela comme un appel du pied que j’ai envie de me fixer des objectifs à atteindre et de me lancer dans un grand projet.
Mon cerveau est juste en train de me dire que j’ai besoin d’action. C’est pour cela qu’il prend le premier prétexte venu et essaie de me faire gober que c’est une bonne idée.
Concentrez-vous sur le chemin à parcourir, que ce soit sur les 5 bouquins d’Amazon ou les 2 ans de CFA pour devenir pâtissier à New York. Comment concrètement allez-vous procéder ?
Fausse bonne idée numéro 3 : L’attentisme
Celle-là elle est cruelle. Ca vous est déjà arrivé. Vous êtes plein(e) de bouillon, prêt(e) à soulever des montagnes. Vous savourez ce moment et vous repoussez le moment de passer à l’action de plus en plus loin… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Est-ce que j’ai un exemple à donner ?
Non…
J’ai clairement pas envie de rentrer dans une leçon moraliste vous disant que la procrastination c’est mal blablabla. Vous le savez déjà.
Je préfère dépenser mon énergie à trouver des solutions. D’ailleurs cela a même fait l’objet d’une discussion avec quelques idées sur le forum.
Comment vous luttez contre la procrastination vous ?
Après l’heure, c’est plus l’heure comme dirait la sagesse populaire.
Au moment où vous lirez ces lignes, je serai en train de fermer les inscriptions pour la liste VIP. C’est quoi cette liste VIP? C’est celle là.
J’ai suffisamment d’inscrits depuis hier en fait, mais comme je pensais fermer dimanche (jour de mon anniversaire !) je me constitue une petite « marge de sécurité« .
J’attend que le compte soit rond, et après il sera trop tard. Certainement d’ici ce soir. En attendant les inscriptions sont encore ouvertes.
Si vous hésitez encore, pensez à la fausse bonne idée numéro 3.
A très vite !
Les VIP recevront leur premier mail durant le week end !! Surveillez bien vos boites mail !


Merci !
On est bien tous les mêmes…
Il y a aussi le fait de préparer un plan de bataille monstrueux pour mener à bien tous ces projets. On télécharge un agenda de gestion du temps, on achète un joli petit carnet pour y noter ses avancés, on commande ces fameux livres qui vont nous rendre beau/riche/ intelligent, on range son bureau…puis plus rien…
On est persuadé que si préparer les projets est super excitant les réaliser ce sera juste orgasmique, et en faite on vient de dépenser la motivation qu’on avait à démarrer la voiture et on on plus le goût de passer la première.
J’avais oublié le classique « je range mon bureau » 😀
Merci Clément, oui, on est vraiment tous les mêmes !
Salut Jean Yves
Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis ,
du coup , j’y vais très doucement ; et j’utilise la théorie des 21 jours pour acquérir toute nouvelle habitude
et ça marche plutôt bien
sinon elle est vraiment pas mal celle là :
« Sinon, le régime a réussi à me faire gagner 2 kg. Bravo. Comment gagner du poids en mangeant moins. »
🙂
Je me retrouve totalement dans le profil du yes man XD
Sauf que j’arrive à venir au bout de ce que je veux faire.
Le procédé miracle :
1) Déjà réfléchir un minimum au projets en cours.
2) Mettre nos projets dans deux catégories « important » et « peut-être »
3) Bosser sur les importants
4) Et hop ! Vous avez envie de continuer les « importants » et vous laissez tomber le reste !
Aussi simple que ça.
Je me retrouve aussi un peu dans le Yes Man, un jour j’ai une idée et je me lance dans la foulée sans réfléchir, comme si c’était une pulsion. Et finalement tout s’arrête 2 semaines après quand je réalise que c’était pas adapté, ou pas cohérent.
Heureusement avec l’âge, la sagesse et les cheveux blancs commencent à faire leur effet.
Salut,
J’ai testé personnellement toutes ces mauvaises idées, cela m’a donné le sourire quand j’ai lu ton article en repensant aux étapes par lesquelles je suis passé. Une chose est sur, ne rien faire ce n’est pas une solution, en faire trop non plus, il faut trouver un juste milieu, changer un peu mais progressivement, suivre ses envies soudaines mais avec parcimonie, et essayer d’agir assez rapidement si on ne le fait pas immédiatement. Ca marche pour moi ne tout cas.
Bonjour Jean-Yves,
Juste du GBS (gros bon sens) dans ton article. Je me reconnais aussi dans la yes woman.
J’aime bien ton idée que c’est le résultat qui attire et non le chemin à parcourir pour s’y rendre! 😉
Je profite de cette journée pour souhaiter bonne fête aux Français et te souhaite à l’avance un joyeux anniversaire pour demain, 15 juillet.
Moi, qui retiens les dates sans avoir suivi ta méthode, je vais maintenant me souvenir que c’est le 15 juillet ton anniversaire. Et personne d’autre avant moi dans les commentaires n’y a pensé!
Bravo pour ton site et bonne continuation avec ta liste VIP
Sco! 🙂
Merci Sco! c’est très gentil 🙂
Le pire je crois, c’est quand on se rend compte qu’on a déjà testé toutes ces fausses bonnes idées xD
Et il y en a une qui a marché pour moi. Le « changement radical de vie », pas tant dans le rythme quotidien, mais dans l’environnement de vie. Partir un an étudier à l’étranger.
Sans ça, je ne serais pas là aujourd’hui pour fêter dignement mon Master 😉
Yes Jean-Emmanuel ! Partir à l’étranger est vraiment un changement radical, surtout sur une période aussi longue (1an)
Félicitations pour ton master et pour ton blog qui se porte très bien d’après ce que j’ai pu voir 🙂
Au plaisir de te lire,
JY
Merci 😉
Oui l’hypnose commence à attirer pas mal de curieux c’est cool !
C’était juste pour dire que les changements radicaux, ça peut avoir du bon. Ca peut rebooster comme pas possible 😉
La 2e fausse bonne idée, c’est ce qui m’arrive le plus souvent. Je vais tenir compte de ton article pour ne pas retomber dans le même piège de cette fausse bonne idée.
Merci Jean-Yves pour cet article !
J’aime la référence au film « Yes man » ! Un véritable art de vivre pour moi. Ta mise en garde est tout à fait juste cela dit. Cependant il ne faut pas oublier les 15 dernières minutes du film où Terence explique comment dire non.
Paradoxalement, je pense qu’être un Yes man revient à apprendre à dire non. A dire non parce qu’on a évalué intelligemment toutes les options ! Cela permet aussi de ne pas avoir de préjugés. Personnellement, ce film, bien qu’étant une comédie « simpliste », m’a vraiment fait du bien et a participer changer ma vision des choses.
A ne pas prendre au premier degré donc mais à comprendre, à remettre en question et assimiler. Il y a plein de bonne chose dans ce film 🙂
Je voulais juste intervenir sur cet aspect de ton article.
Au plaisir 🙂
Mathieu.
Et tu as eu raison, Yes man est effectivement une ode sur apprendre à dire non 🙂
Je suis bien content que tu aies aimé ce film également, c’est ca : un art de vivre 😉
c’est sûr que prendre des décisions aussi radicale sur un coup de tête (comme c’est souvent le cas pour des décisions comme ça) ça ne mène pas à grand chose. mais si elles sont mûrement réfléchies et répondent à vrai besoin vis à vis de sa situation , ça peut être une bonne chose; Si quelque chose ne va pas, il vaut mieux tenter quelque chose et être déçu que de ne rien faire et rester dans son truc
Je suis un peu Yes Man sur les bords parfois mais je me soigne … Disons que j’ai plein d’idées (bonnes ?) et que je ne veut pas passer à coté … sauf qu’au final il m’arrive de ne pas toujours finir ce que je commence du coup j’accumule les projets sans aller au fond des choses …
Maintenant j’en suis conscient donc je me « soigne » mais il est parfois difficile de s’écouter (dans un sens ou dans l’autre).
Je comprends les situations que vous expliquez sans partager pour autant les conclusions.
cas 1 : Je partage votre avis sur le fait que c’est plus compliqué de changer sur tous les fronts, et qu’on augmente ses chances de réussir en changeant une chose à la fois. Mais l’échec que vous décrivez me semble davantage tenir des raisons de votre changement (Je voulais que tous mes collègues me disent que j’étais devenu …). Si votre motivation était venue d’assez profond (genre j’ai failli mourir le mois dernier et je me suis rendu compte que je voulais vivre une vie qui me plait avant de mourir) et si vos résolutions étaient suffisamment connectées à cette motivation, ça aurait pu marcher.
cas 2 : vous expliquez qu’il ne faut pas faire confiance à son inconscient parce qu’il risque de vous embarquer dans des plans sans lendemain juste parce qu’il s’ennuie (Mon cerveau est juste en train de me dire que j’ai besoin d’action. C’est pour cela qu’il prend le premier prétexte venu et essaie de me faire gober que c’est une bonne idée.). Qu’il ne faille pas prendre son inconscient au pied de la lettre, je comprends. Il fonctionne sur le plan symbolique. Mais jusqu’à preuve du contraire, l’inconscient fait partie de soi, c’est dommage de se faire si peu confiance. Quand j’en arrive à ce point là, je cherche activement un plan à la fois faisable et très enthousiasmant. Mais d’abord enthousiasmant. Ce n’est pas parce que je peux monter un pl
Désolé pour la coupure, erreur de saisie.
Suite : Ce n’est pas parce que je peux monter un plan quinquennal sur un projet que j’ai envie de me lancer dedans.
Cas 3 : Je suis pour la procrastination. Je sais que suis minoritaire dans l’environnement autour duquel vous gravitez, mais j’estime que la procrastination est une des étapes de l’opportunisme. Saisir le Kairos demande d’attendre le bon moment, même si le moteur tourne à fond, je ne passe pas la vitesse avant que le feu passe au vert. Encore faut-il reconnaître quand le feu passe au vert. Cela peut s’apprendre, et ça passe par faire plus confiance à son inconscient, à son intuition.
Même avec le feu vert, une voiture sans essence n’avance pas …