Mémoriser facilement une langue grâce aux répétitions espacées
Mémoire

Mémoriser facilement une langue avec un système simple

Ecrit par Jean-Yves Ponce

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Aujourd’hui, je reçois mon ami Romain de Decodeur du non verbal qui va nous parler de son système pour mémoriser facilement une langue.

Avec Romain, on procède à un « échange de clés ». C’est à dire qu’en même temps que vous allez découvrir l’article qu’il a écrit pour vous aujourd’hui, vous pourrez découvrir l’article que j’ai écrit pour lui au même moment  sur son blog !

Romain va parler de mémorisation, et moi de langage non-verbal !

Il me semble que c’est la première fois sur le net que je vois ce principe d’échange au même moment ?

Je laisse la parole à mon invité !

 Mémorisez facilement une langue grâce au système de répétition espacée        

 

Chers alchimistes, bonjour ! Je suis Romain du blog le Décodeur du Non-Verbal. En à peine un an, j’ai appris l’espagnol, ce qui me permet d’ailleurs d’écrire ces lignes en direct de Séville.

Si j’ai pu y arriver aussi vite, c’est grâce au système dit de répétition espacée. Ce système me permet aujourd’hui de me souvenir sans difficulté des 3.424 mots que j’ai pu apprendre au cours des douze derniers mois.

 

Bien souvent dans l’apprentissage d’une langue, le plus dur n’est pas de l’apprendre mais bel et bien de s’en souvenir. Le système de répétition espacée dont je vais vous parler aujourd’hui offre ces deux avantages :celui d’apprendre une information (le vocabulaire d’une langue par exemple)mais SURTOUT de ne pas l’oublier. Car comme l’explique Jean-Yves sur Potion de vie, le talon d’Achille de la mémoire reste sans tergiverser l’oubli.

Je vous invite donc aujourd’hui à faire connaissance avec un système efficace qui vous permettra de ne plus oublier ce que vous apprenez, tout en demandant un temps de travail infime (5 min/jour par exemple pour mon espagnol)et cerise sur le gâteau, vous retiendrez l’information d’autant plus durablement.

 

UN SYSTEME QUI A FAIT SES PREUVES

 

La répétition espacée est une technique de mémorisation basée sur la courbe de l’oubli. Cette courbe, proposée en 1885 par le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus, dit que la probabilité de se rappeler correctement d’une information sans la réviser diminue de manière exponentielle (c’est-à-dire extrêmement vite). Cette courbe dit également que plus une information est révisée, moins vite elle est oubliée.

Référence : Mosalingua

Il faut donc comprendre que lorsqu’on mémorise une information une seule fois, on est susceptible de l’oublier très rapidement. En effet, l’information du 1er apprentissage est stockée dans la mémoire à court terme. Cette dernière se réinitialise au bout de quelques heures/jours. L

« Qu’avez-vous mangé hier midi ? » – Si vous avez des difficultés pour répondre à cette question, vous voyez de quoi je parle. 😉

 

Pour conserver une information en mémoire, il faut la réviser plusieurs fois et c’est à ce moment précis qu’entre en scène le système de répétition espacée. Ce dernier permet de réviser l’information juste avant qu’elle ne tombe dans l’oubli (en dessous de la barre horizontale grise sur le graphique).

Ce n’est donc qu’à travers la répétition de l’information que celle-ci sera transférée de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme. En augmentant le nombre de révisions (typiquement jusqu’à 4), l’oubli n’existe plus vraiment et les révisions deviennent très espacées.

 

 

APPLICATION A L’APPRENTISSAGE DES LANGUES

 

Cette technique efficace de mémorisation est applicable dans de nombreux domaines : les dates de l’histoire, les formules mathématiques mais l’exemple le plus parlant reste selon moi l’apprentissage des langues et du vocabulaire.

 

Vous pouvez par exemple mettre en place ce système de répétition espacée grâce à des fiches sur lesquelles est inscrit au recto le mot en français et au verso le mot dans la langue désirée. Je suis sûr que vous avez déjà utilisé cette approche pendant votre scolarité.

 

Les cartes ont cependant une faiblesse car il est facile de les réviser au hasard sans tenir compte de leurs positions sur la courbe de l’oubli. L’intérêt du système de répétition espacée est identifié par le moment optimal de révision (celui où on s’apprête à oublier l’information).

Heureusement des personnes astucieuses ont eu l’idée de développer des logiciels qui proposent un système informatique de cartes personnalisables à réviser. Ces logiciels sont basés sur l’algorithme de Piotr Wodznick (à ne pas confondre avec le célèbre programmeur d’Apple) qui décrit le comportement de la courbe de l’oubli développée par Hermann Ebbinghaus dont j’ai parlé plus haut.

 

Le plus connu de ces logiciels se nomme Anki et fonctionne pour toute sorte d’information à retenir. En ce qui concerne l’apprentissage des langues, celui que j’affectionne particulièrement est une application iPhone/Android développée par un français Samuel Michelot. Elle se nomme Mosalingua. Pour tout vous dire, c’est grâce à cette application que j’ai appris l’espagnol.

 

MAINTENANT A VOUS DE JOUER

Si vous avez toujours rêvé d’apprendre une langue mais que vous avez peur de l’oublier, ou que vous souhaitez réactiver une langue apprise il y a des années, j’espère vous avoir convaincu de l’intérêt de ce système. C’est assez bluffant de constater que 5 minutes par jour permettent de commander des tapas en terrasse sans s’être rendu compte de son apprentissage. 😉

 

C’était Romain en direct de Séville, amateur de langues étrangères et expert du langage du corps sur le Décodeur du Non-Verbal. Je remercie grandement Jean-Yves de m’avoir laissé les clés de Potion de Vie pour la journée (PS – il a les miennes) et je vous remercie aussi, oui VOUS qui avez lu cet article !

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25 Commentaires

  • Merci de ces infos! je vais aller voir ce qu’est ce ANKI car j’ai beaucoup de choses à mémoriser mais pas dans le domaine des langues;
    Pour ce qui est de la répétition : sans connaître précisément les rythmes qui conditionnent l’apprentissage j’ai expérimenté dans le passé ce système.
    J’ai une mémoire de « poisson rouge » et un jour j’ai décidé que je n’oublierai jamais (de toute ma vie) un mot à coucher dehors. Une trentaine d’années après je l’ai encore en mémoire c’est « dermato phagoïdès ptero nyssinus » (orthographe approximative). Cette bestiole incongrue est l’acarien des poussières qui provoque l’asthme.
    J’étais tellement irritée par ma difficulté à mémoriser que je me suis posé ce défi de retenir ce mot!!! Et je l’ai répété tous les jours plusieurs fois par jour. Il me revient en mémoire fréquemment….

  • Bonjour Romain.

    Félicitations pour ce très bon article.

    Je suis aussi utilisateur de Mosaligua (English et Business).

    La méthode répétition espacée est vraiment sympa et efficace. On apprend sans vraiment faire d’effort.

    Bon je vais aller voir l’article de Jean Yves sur ton blog…

    Cyril

    • Ravi Cyril de trouver un autre utilisateur de cette chouette application. Je vais aller faire un tour sur ton blog, les techniques d’apprentissage m’intéressent particulièrement.

  • salut romain,
    je cherchais effectivement une méthode pour apprendre l’anglais … tu me sauve la vie 🙂

    Il y a un truc que je n’ais pas compris, je viens de télécharger l’application anki, comment je dois faire pour retenir les mots ?

    J’écris sur la carte le mot étranger et sa traduction ? puis l’application me le rappel quand je vais l’oublier pour que je puise la rapprendre ! C’est ça ?

    merci encore 😉

    • Salut Julien,

      Je ne me suis pas attardé sur le logiciel ANKI puisque tout le travail de création des cartes avait été réalisé dans l’application Mosalingua. Mais à vue de nez, je répondrais par la positive à l’ensemble de tes questions. 😉

      Romain

  • Super article, je connaissais pas du tout ces applications, je vais en faire bon usage 😉

    Merci Romain pour ton partage, et merci J-Y pour m’avoir fait connaitre Romain 😉

  • Bonjour JY, je ne connaissais pas du tout cette façon d’apprendre les langues.
    J’ai pris des cours d’anglais en groupe et privé pendant plusieurs mois. Je me débrouille, mais cet outil va m’aider davantage j’en suis certaine.

    merci Romain pour cet article.

    • Bonjour Madeleine

      L’avantage de ses applications est de pouvoir faire des révisions n’importe où. Typiquement, je les fais dans le métro, lorsque j’attends ou dans mes déplacements à pied. Cela permet d’optimiser son apprentissage sans être obligé de s’atteler derrière une table 😉

      Romain

  • Disons que les cours de groupe n’était pas approprié pour moi. Il faut vraiment être tous au même niveau et c’est assez difficile dans un groupe.

    Pour ce qui est des cours privé, j’ai eu un professeur pas organisé du tout, donc ce n’est pas parce-que c’est en privé que c’est mieux quelques fois.
    Cependant par la suite j’ai prix des cours d’anglais privé sur Skype. J’ai adoré cette façon d’apprendre bien installé chez moi. Cette personne était vraiment bien structuré et me suivait exactement là ou j’en était.
    C’est plus dispendieux, mais c’était vraiment ciblé selon mon besoin.
    Dommage, elle a décidé d’arrêter.

  • Bonjour

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant , je vais me renseigner sur Anki et mosalingua que je ne connaissais pas . J’ai apprécié également le livre de Fabien Snauwaert qui enseigne l’apprentissage des langues sur nos passions . Au plaisir .

  • […] Mémoriser facilement une langue avec un système simple (Potion de vie – Jean-Yves) – J’adore apprendre les langues étrangères. En fait, je suis quadrilingue (français, anglais, espagnol et allemand). Dans cet article, je partage mon expérience d’apprentissage  et vous propose un système simple pour apprendre efficacement les langues : le système de répétition espacée. En tout cas, cela fonctionne étonnamment bien, peut-être pour vous également […]

  • Bonsoir à tous, existe-t-il un logiciel comme Anki (pour pc) mais en français ? Parce que pour apprendre une langue comme l’anglais …

  • Un très bon article Romain. Je viens de tomber par hasard sur cet article. Je suis le créateur de MosaLingua. Moi aussi, j’ai appris l’espagnol avec MosaLingua 😉 Et le prof qui a fait le contenu (moi, je m’occupe de la partie technique).
    On a aussi d’autres langues (l’anglais, l’italien, et très bientôt l’allemand).

    • Salut Sam,

      Merci de ton message. Depuis la publication de l’article, je suis parti sur l’italien tout en révisant l’espagnol et je dois t’accorder qu’il faut jouer des coudes pour ne pas les mélanger. 😉

      Entre nous, quand est prévu la sortie de la version allemande ? Je suis curieux de savoir comment tu as intégré la grammaire qui est bien différente dans la langue de Goethe.

  • Oula oui, difficile de ne pas mélanger l’italien et l’espagnol…
    La version allemande est prévue pour la fin du mois, mais les enregistrements prennent du retard, donc je ne suis pas sûr qu’on arrivera à tenir les délais. Et cette version n’aura pas de grammaire pour l’instant. En attendant, on conseillera un bon bouquin de grammaire, et on ajoutera la possibilité de créer ses propres cartes.

  • Salutations à tous.

    Je suis navré de voir qu’à chaque fois que l’on parle de logiciel de SRS (surtout pour apprendre une langue), on encense Anki comme s’il était le meilleur ou le seul logiciel du genre alors qu’il propose peu de chose de plus par rapport à ses « concurrents ».
    Cela est peut-être personnel, mais le best, le king, le top est et restera probablement PROVOC. Il n’a que 2 défauts; Arizona Software a arrêté son développement et il n’est disponible que sur la marque à la pomme (et pas sur iOS).

    Ce logiciel (gratos) va là où les autres applications srs ne vont pas : créations de ses propres tests facilement; tous est paramétrable. Interface soignée. Test d’écrit. Création de chapitre et sous chapitres d’une facilité à faire pleurer les tous utilisateurs de Mnémosyne. Création de cartes aisée…
    Non, sérieusement tout est d’une facilité déconcertante vis à vis des standards du genre. Même les étiquettes pour classer les mots et les phrases bénéficient de couleurs attribuées.

    A ma connaissance, les seuls qui peuvent un peu rivaliser avec Provoc, c’est Mosalingua et iKanji (pour le japonais), et sont tous les deux payants. Comme le dit la maxime; l’essayer c’est l’adopter. Probablement qu’après avoir bien bosser avec Provoc, vous allez froncer les sourcils rien qu’en voyant l’icône d’Anki sur votre bureau et soupirer en voyant celle de Mnémosyne.

    Si vous avez mieux comme software, franchement faites le savoir à qui veut l’entendre (surtout moi). Pour l’instant je pleure des litres de larmes rien qu’à voir l’interface d’Anki…

    Corbeau Noir

    • Bonjour Corbeau Noir !
      Je suis triste de te voir souffrir devant Anki et tes littres de larmes 🙁
      Ceci dit, je te remercie chaleureusement pour avoir pris la peine de nous parler de Provoc (que j’avoue je ne connaissais pas) et de ses avantages ! Je vais regarder ce dont quoi il retourne exactement.
      Tiens, toi qui connait bien provoc, pourrais tu me dire selon toi quel est son plus gros défaut ? (Pour moi disponible que sur Apple est un énorme défaut en soi, mais je veux savoir ton avis)

      • Bonjour Jean-Yves.

        Premièrement, je tenais à vous remercier. Il y a 1 mois mon iMac avait décidé de s’allumer… et c’est tout. Me laissant un fond gris sans lancer l’OS. Donc pour ProVoc c’était juste foutu. Suite à votre question, j’ai rallumé l’usine à gaz pour voir si cette fois ci le disque dur allait cramé. Et là, il se rallume comme si de rien n’a été. Après 8 ans; il avait donc besoin d’un mois de vacances. Donc : merci, sans votre question je l’aurait probablement démonté pour le fun…

        Pour ce qu’il en ai de ProVoc; les défauts sont simples (pour ma part ils sont relatifs, mais existent tout de même).

        1) Le logiciel ne sera JAMAIS dispo sur windows ou linux; les développeurs sont spécialisés sur Apple. Sur une FAQ de leur site, ils disent même, en gros, que ça leur effleurait pas l’esprit de faire un portage.
        2) Le logiciel a été abandonné (mais fini), il n’y aura pas de mis à jour, de features et il me semble pas être open source.
        3) Vu que ProVoc a plus un statut de software plutôt confidentiel, il n’a pas (plus) de communauté pour partager des decks de flashcards. Les rares « idiots » qui l’utilisent s’appellent tous Tom Hanks; car ils sont seuls au monde. Ce qui nous amène au point suivant.
        4) Comme dans la plupart des standards du genre, on commence avec rien, que dalle. Les autres logiciels de SRS aussi mais leur communauté compensent cela, et au bout de 3 minutes on se retrouve avec des paquets des 500 à 3000 mots à apprendre, alors qu’avec ProVoc on est toujours en slip (si on a un).
        5) —Je me base essentiellement sur Anki et Mnémosyne— Beaucoup de logiciels de SRS se basent sur ce que j’appellerai le ressenti; on determine, souvent de 0 à 5 si l’on a retenu correctement une carte. On s’auto-juge. ProVoc ne connait pas cela; on sait ou on sait pas. Le problème c’est lors d’un QCM même si l’on retarde l’apparition des propositions, on peut très bien avoir oublié la réponse et la déduire par la suite avec les choix proposés. Mais en choisissant la bonne réponse, le programme « pensera » que tout roule.

      • Comme ma psy pense que je suis un type sympa, je peux dire comment contourner quelques difficultés.
        Pour le 1) et le 2) ; je peux rien faire, mais si une personne qui sait programmer veut se faire un peu de fric… Maintenant, elle sait quoi faire.
        Pour les 3) et 4), il n’y a pas de miracle. Soit on attend la bonté des 1000 personnes qui utilisent ProVoc dans le monde, en espérant qu’ils ont fait un deck de langue ou la matière que l’on étudie. Ou on fait son deck soi-même (ce qui est pas plus mal) mais cela prend du temps et il faudra trouver les bonnes ressources, ou du moins celles qui conviennent le mieux à son style d’apprentissage. Au moins la Leçon (les decks dans ProVoc) sera hyper personnalisée.
        Pour finir, lors des tests sur ProVoc, pour re-réviser une carte; au lieu de donner la bonne réponse que l’on aura déduite, il faut simplement cliquer sur « donner la réponse ». De ce fait on révisera la carte bien plus tôt.

        Il y aurait plein de choses à dire ou à redire sur ProVoc, mais je me contenterai de me rappeler que c’est le software qui me convient le mieux. Et si l’on trouve une base solide sur laquelle s’appuyer il vaut presque ou autant les méthodes gripsous payantes au mois ou à l’année.

        Corbeau Noir.

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