Concentration Mémoire

La théorie de la gomme : Comment empêcher votre cerveau de tout oublier

Ecrit par Jean-Yves Ponce

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Vous n’avez jamais remarqué, parfois vous oubliez ce qu’il est impossible d’oublier. Vous pouvez même oublier ce que vous êtes en train de faire ! Cela s’appelle l’amnésie fon… zut j’ai oublié.

Vendredi, je suis monté sur Paris pour assister au séminaire d’Aurélien Amacker qui avait lieu le lendemain. J’ai été hébergé par mon pote Romain le décodeur du non-verbal.

Petit aparté 3615 mylife™ : J’aime beaucoup ces moments où on découvre enfin qui est derrière l’écran à écrire les articles, je devrai faire ca plus souvent.

Fin de l’aparté 3615 my life™.

Vous vous souvenez du défi : “mémoriser tout le métro parisien” ?  Et la technique qui a suivi : la technique LOST (les disparus)

En discutant avec Romain, je me suis rendu compte que j’avais oublié la plupart des stations de métro de Paris ! Enfin quelques unes sont revenues, mais le gros était parti.

Comment cela se fait-il ?

 

Bon, la réponse est simple et j’en suis un peu honteux.

Je n’ai jamais procédé à un seul rappel des stations après le défi. Même pas une bribe. Rien. Nada. 

Et cela vous arrivera aussi. 

Pas sur le métro bien sûr. Mais sur tout ce que vous décidez d’apprendre ou lire. Vous finirez par oublier.

Y a t-il un moyen d’empêcher cela ? Ou au moins d’en limiter les effets ? OUI, et c’est l’objet de l’article d’aujourd’hui.

Je vous présente ma dernière création : la théorie de la gomme.

La théorie de la gomme

Votre cerveau est une gomme qui efface impitoyablement tout ce que vous écrivez au crayon sur vos post-its  internes (mémoire).

 

Ce que je vous propose c’est d’agir sur deux pistes :

  1. Remplacer votre crayon à papier mental par un stylo bille
  2. Remplacer votre bloc-note mémoire par un cahier 

La théorie de la gomme est relativement bien résumée par le type de cours que vous suivez à l’école.

Vous subissez un cours magistral. Vous êtes très attentif/ve au début du cours, puis, plus ou moins rapidement selon la personnalité et les méthodes du professeur, vous sombrez dans la léthargie. Si c’est 11h ou 15h, vous avez même un coup de barre.

L’équivalent de ce que vous retenez du cours est l’équivalent de ce que vous auriez écrit sur un ensemble de petits post-its au crayon de papier.

Si en comparaison, votre boite mail ou les épisodes de Thevoice ou Plus Belle la vie se révélaient plus sexy que votre cours, vous pouvez être sûr que votre cerveau ne mettra pas longtemps à gommer votre journée d’apprentissage.

Comme les posts-its se détachent facilement, vous en perdrez également en route. 

Je parle d’école, mais c’est valable pour toute chose que vous voulez apprendre, y compris l’information des livres.

 Transformez votre crayon de papier en stylo bille

 

Vous avez déjà essayé d’effacer du stylo bille avec une gomme ? Si le trait est léger, vous pouvez y arriver, mais cela va vous prendre du temps. Si le trait est renforcé, vous ne pouvez pratiquement jamais y arriver.

Vous commencez à me voir venir peut-être.

Imaginez que vous vouliez apprendre toutes les régions de France ou bien toutes vos formules de maths, ou bien que vous vouliez tout simplement retenir ce qui est indiqué dans ce fabuleux bouquin que vous êtes en train de lire.

Si vous êtes un spectateur passif, qui pense retenir juste en regardant, vous êtes en train “d’écrire au crayon” dans votre mémoire. Et votre cerveau effacera vos notes, sauf si vous réécrivez par dessus tout le temps. Le jour où vous arrêtez de répéter, votre cerveau finira par vous faire oublier.

Alors vous en avez marre, vous découvrez Potiondevie et toutes les techniques de mémorisation.

Vous venez de remplacer votre crayon à papier par un stylo bille.

Attention.

C’est insuffisant. Incomplet.

Vous avez fait l’effort de mettre en application des techniques surpuissantes d’imagerie, de mémorisation pour apprendre rapidement et efficacement, et surtout ne pas oublier dès le lendemain.

Ce que vous venez de faire est d’écrire très légèrement au stylo bille. Et il reste deux problèmes. Même le stylo bille peut s’effacer si le trait est très léger. Et lorsque vous encodez vos informations (vous mémorisez), vous écrivez très légèrement au stylo bille.

Si vous ne renforcez pas ce trait léger, il va vous arriver la même chose que moi avec mes stations de métro : votre cerveau arrivera à effacer.

Le deuxième problème, c’est le format que vous utilisez pour “noter” intérieurement vos informations.

 Remplacez vos posts-its mentaux par des cahiers

 

Les posts-it c’est génial. Je les utilise énormément. Mais il ne me viendrait jamais à l’idée de les utiliser pour noter des sommes importantes d’informations.

Déjà parce que je n’ai pas la place, et ensuite parce que ca devient difficile à relire. Enfin, les posts-it ca s’envole, ca traine et c’est relié à rien. Ca se désolidarise du reste des post-its.

En utilisant un cahier, vous n’avez pas ces problèmes.

C’est ce que je vous propose de faire avec votre mémoire interne : la transformer en cahier.

Le secret d’une bonne mémoire pour ne pas oublier

Vous avez déjà vu les problèmes de l’apprentissage par coeur. Si vous ne voulez pas oublier, vous devez traiter votre mémoire comme un cahier. C’est à dire stocker beaucoup de choses, et relier les pages entre elles.

C’est crucial.

Cette notion de relier les choses entre elles est primordiale. Pourquoi oublier les stations de métro est facile alors qu’oublier les os du squelette est très difficile ?

Les os du squelettes sont reliés à votre vie quotidienne, vous les avez sous les yeux tous les jours. Une fois mémorisés, vous ne pouvez pas les oublier parce que vous les avez à portée de vue avec vous tous les jours.

Si vous empruntez tous les jours la ligne 4 de métro, il en va de même pour les stations de la ligne 4. Vous ne les oublierez pas.

Mais ce n’est pas suffisant.

Si vous voulez devenir une encyclopédie vivante, vous devez relier vos informations entre elle, fixer des ponts entre les connaissances.

Exemple :

En ce moment, je suis sur l’histoire de France, avec un défi fou : celui de mémoriser 100 dates exactes de l’Histoire.

Je me crée donc des images pour relier les dates à des scènes vivantes dans ma tête. En gros je me fais un cinéma mental mémorable, et je les intègre dans mon palais de mémoire.

(Si je suis en train de vous parler le Klyngon, n’hésitez pas à lire attentivement par où commencer pour avoir une bonne mémoire  pour y voir plus clair).

Lisez bien ce qui suit, car c’est de l’or.

Ce que vous pensez :

j’ai besoin de 100 images pour mémoriser 100 dates.

La réalité :

J’ai besoin de 70 images environ pour mémoriser les 100 dates 

Pourquoi ?

Parce que j’ai relié mes images. L’image de “Paris” par exemple, est la même que celle que j’ai utilisé pour la France pour toutes les capitales du monde en 2heures et demie.

L’image de Paris pour l’Histoire est la même que Paris capitale, ce qui veut dire que quand je vois cette image, non seulement j’ai la vision de la France dans la géographie, mais également de tous les évènements qui se déroulent à Paris dans l’Histoire et que je mémorise.

J’ai relié la géographie à l’Histoire.

Et vous pouvez encore aller plus loin en utilisant cette image pour des données sans rapport.

Souvenez-vous dans la mémorisation du squelette, j’utilise cette même image de “Paris” pour me souvenir de l’os pariétal (tout ca parce qu’il commence par “Paris”)

Quand je vois l’image que je me suis faite pour Paris, j’ai donc la géographie, l’histoire et l’anatomie qui me reviennent en mémoire.

Et vous allez faire pareil.

Vous allez créer des liens à travers vos connaissances. Chaque fois que vous mémorisez quelque chose, reliez l’information à d’autres champs que vous connaissez même s’ils sont sans rapport !

Cela s’appelle l’association.

Et du coup, votre banque d’images mentales interne va s’étoffer et vos possibilités d’associations vont devenir extrêmes.

Ce que vous allez y gagner (ce pour quoi vous avez lu cet article, bande d’impatients !)

La théorie de la gomme vous permet beaucoup plus de choses que vous ne l’imaginez.

Au niveau de la mémoire elle-même :

  • Vous oubliez moins car vous écrivez dans votre cerveau au stylo bille.
  • Vous avez besoin de moins de répétitions car votre mémorisation est plus efficace.
  • Vous pouvez réviser plusieurs matières en même temps car une seule image peut être utilisée pour plusieurs types de connaissances.
  • Vos capacités de mémorisation sont de plus en plus rapides car votre banque d’images interne s’étoffe de jour en jour.

Au niveau humain :

  • Votre créativité augmente car vous associez les choses sans rapport et très facilement. Vous devenez inventeur et jamais un ordinateur ne pourra remplacer cette capacité qui est l’essence de l’âme.
  • Votre humour augmente car votre capacité à produire (et non pas reproduire) des jeux de mots et des traits d’esprits augmente terriblement.
  • Votre confiance augmente, car vous allez vous rendre compte que vous trouverez toujours une image pour mémoriser même les choses les plus ardues.
  • Votre motivation pour les études augmente car c’est plus fun de mémoriser des images que de répéter des textes pendant des mois tout ca pour les oublier dès que vous avez fini de répéter.
  • Votre culture et vos connaissances augmentent car vous engrangez beaucoup plus que vous oubliez. 
  • Vous devenez plus intéressant dans vos conversations parce que vous trouvez toujours une façon de relier les conversations à quelque chose que vous connaissez.
  • Vous avez l’air plus intelligent(e), mais vous avez également la chanson.
  • Vous êtes capables de créer et de comprendre plus facilement les métaphores.  
  • Alors que 99% des gens sont dépendants de gadgets pour mémoriser tout un tas de trucs inutiles, vous avez le plaisir d’être en contrôle de vos facultés.
  • Vous ralentissez votre déclin cognitif.


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30 Commentaires

  • En effet, c’est un très bon moyen. Pour revenir sur les cours magistraux en classe, nous (les profs), en faisons de moins en moins. Nous avons mis en place une méthode déductive dans lequel l’apprenant construit ses connaissances. Qu’en penses tu ??

  • Les méthodes déductives sont beaucoup plus efficaces à mon sens. Mais elles peuvent être améliorées en encourageant l’apprenant à faire des “ponts” multiples entre les autres connaissances, même si elles sont sans rapport avec la matière du cours.

    Si l’apprenant est passionné de jardinage, il est intéressant pour lui de relier sa passion à ce qu’il est en train d’apprendre.

    La clé est de forger un esprit associatif. Un esprit capable de relier les choses. Après, peu importe les associations et les méthodes employées par les profs.

    Si tu es capable de tisser des chaines d’associations sur plusieurs matières, tu apprends très, très vite.

  • Bonjour JY.

    Merci pour ton article.

    C’est vrai que mémoriser n’est que 50% du travail.

    Les techniques de réactivation sont super importantes. Personnellement j’utilise la fréquence de rappel 1h00, 1 jour, 1 semaine et 1 mois pour contrer la courbe de l’oubli.

    A bientôt.

    Cyril.

    PS: Bon, pour les stations de métro tu sais ce qu’il te reste à faire 😉 .

    • Oui !
      Tout recommencer ! Sauf que cette fois les images reviendront super vite ! Elles ne sont qu’en “sommeil”.
      Si j’avais procédé par apprentissage par coeur, j’aurai vraiment pu reprendre à zéro…

  • Excellent article Jean-Yves !
    Je suis impressionné par toutes ces techniques que tu mets en place jour après jour 🙂 !

    L’idée de l’association de domaines de connaissance est géniale !

    Si jamais tu repasses sur Paris je serai ravi d’aller boire un verre avec toi, c’est vrai que c’est intéressant de se rencontrer alors qu’on ne se connait que par nos blogs respectifs.

    A bientôt,
    Mathieu.

  • C’est juste fabuleux… Ca fait rêver, et ça donne envie !

    Pendant toute ma scolarité j’ai appris par coeur, simplement parce que j’étais capable de retenir une très large source d’information dans un laps de temps infime, le temps de l’examen.
    Que j’oubliais une heure après jusqu’au sujet de l’examen ne me gênait pas du tout. A partir du moment où la note était bonne 😉

    Aujourd’hui, je vise une mémoire à plus long terme. Quand je lis un livre, j’aime m’en souvenir, au moins dans les grandes lignes. De la même manière pour les films, et tous les épisodes de ma vie importants. Je les lie entre eux, je les visualise, je les ressens, j’entends ce qui s’y est passé. Et ainsi ils restent en moi beaucoup plus longtemps.

    Pour reprendre l’exemple des stations de métro, ce qui serait drôle c’est que tu retentes l’expériences et que tu constates à quel point la deuxième fois a été tellement plus rapide. Parce qu’on ne gomme jamais vraiment tout. L’inconscient conserve ces ressources, mais arrête simplement de nous délivrer l’information attendue si on ne sait pas comment s’y prendre.

    • Merci pour ton commentaire Jean-Emmanuel c’est sympa 🙂

      Effectivement, lorsque tu mémorises via des techniques spécifique comme la technique LOST par exemple pour le métro, tu ne perds rien, cela reste “en sommeil”. Cela revient assez vite.

      Bon par contre, je vais devoir attendre un peu pour le métro parce que je suis en plein sur un défi d’histoire et le timing est juste 😀

  • Bonjour Jean-Yves,

    comme d’habitude un article intéressant.
    Pour résumer, je dirais que pour se rappeler de quelque chose il faut soit s’en servir régulièrement, soir la lier à une émotion (ou son symbole).

    Tiens, cela me rappelle bizarrement un outil de la PNL ça 🙂 :).

    A bientôt

  • J’ai quelques notions de pnl en effet.

    Pour ce qui est de l’article sur la Loire et bien… j’ai beaucoup de demandes d’articles en fait et ca avance doucement.

    Maintenant, les pages de Visite la France sont ouvertes à tout ceux qui veulent parler d’un endroit (ou d’un plat ou un met) qui leur tient à coeur.

    🙂

  • C’est super cette théorie! Moi qui ai la mémoire comme une éponge! Je vais m’y mettre. Et c’est vrai que ce système d’association permet de développer la créativité. Quand j’étais au collège je retenais plein d’infos que je n’arrivais pas à mémoriser grâce à des moyens mnémotechniques, là c’est un peu ça mais en plus compliqué 😉

  • Bel article! Cela fait déja quelque temps que j’ai découvert le blog et je le trouve super.J’ai déja lu un bon nombre d’articles et je les trouve extraordinaires.Concernant “la théorie de la gomme” plus précisement le deuxième conseil je ne comprends pas bien peut-tu être un peu plus explicite avec un autre exemple(étape par étape)?

    • Salut levano et merci pour ton commentaire !

      Lorsque tu utilises une image pour mémoriser quelque chose, tu peux utiliser cette image pour d’autres choses, même si elles sont sans rapport !

      Par exemple :

      J’utilise l’image de la tour Eiffel pour Paris lorsque je mémorise les capitales du monde.
      Cette image de la tour Eiffel, je peux (et je dois !) la réutiliser lorsque je mémorise quelque chose qui a le mot “pari” dedans, comme l’os pariétal du squelette.
      Et je peux la réutiliser lorsque je mémorise le 13 avril 1436 (Paris Libéré des anglais)

      La même image me sert trois fois pour trois données différentes qui n’ont pas trop de rapport !

  • Cool! En fait,j’avais déja compris mais il y avais encore un peu de cafouillage dans ma tête.Je te remercie pour ta réponse immédiate.Merci beaucoup!

  • Salut JY!
    Au fait dans le cas où l’information qu’on a à mémoriser contient ce même objet auquel on a assigner.Dans notre exemple d’hier si l’information que j’ai à mémoriser est par exemple un aspect lié à ‘la Tour eiffel’dois-je trouver un autre symbole pour symboliser la tour eiffel ou dois-je réutiliser la même image de la tour eiffel que d’ailleurs j’avais déja relier à d’autres informations?Parce que dans le cas où j’utilise la même image de la Tour Eiffel N’aurai-je pas une confusion entre ce que me rappelle la Tour Eiffel (Paris) et lui-même ” Tour Eiffel” lors de la restitution?

  • Salut JY!
    Au fait dans le cas où l’information qu’on a à mémoriser contient ce même objet auquel on a relier d’autres informations par exemple dans notre exemple d’hier si l’information que j’ai à mémoriser est un aspect lié à ‘la Tour eiffel'(dates,etc…)dois-je trouver un autre symbole pour symboliser que c’est de la Tour Eiffel dont on parle et non de ce que me rappelle la Tour Eiffel c-a-d(Paris).

  • Pour mémoriser, j’avais au hasard commencé cette technique et je l’utilisais encore sans savoir l’ampleur de son efficacité jusqu’à ce que je lise cet article. Heureusement que je l’aie lu! Great job de m’encourager, ainsi, avec cette technique.
    Associer des trucs à mémoriser à des choses qui nous aident à le faire nous procure, en effet, bien des avantages. Il me fallait retenir les noms des pays et capitales du monde pour maximiser ma note d’entrer à la fac de mon pays. J’ai joué sur le créole, ma langue natale pour mémoriser.
    Pour l’Afrique, par exemples : J’ai associé Gabon à « Sa bon »(« C’est bon », en français ). Et depuis que je visualisais que c’est bon, je me référais à une ville libre, et je pensais immédiatement à Libreville. Bingo!!! – La capitale du Gabon. Pour le Soudan, je l’ai relié au mot « soudain » et comme les coups de feu nous surprennent presque toujours et laissent des cartouches derrière eux, j’ai fait le rapport avec Khartoum…, capitale du Soudan! Un peu de tact et d’imagination et le tour est joué!!

    • Oui, souvent tu peux mémoriser en utilisant d’autres langues, en fait c’est même mieux, ca te donne beaucoup plus de possibilités pour associer des mots ou des idées normalement difficiles. J’aime particulièrement tes exemples, tu as bien compris le système 😉

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