Technique du sale gosse : Ok, c’était trop tentant le coup de Justin Bieber en image de l’article, j’avoue.
Evidemment, nous n’allons pas parler de lui, mais bien d’une technique que j’ai lu dans le livre The Lean Startup et pour laquelle j’ai pensé qu’elle pouvait vous plaire. Vous allez vous amuser, et surtout, vous allez progresser.
Avez-vous déjà eu des problèmes « techniques » pour lesquels quelque chose n’a pas fonctionné comme vous le vouliez ?
Quelques exemples :
Vous avez échoué à un examen important et vous ne savez pas pourquoi
Votre blog attire autant de monde qu’un pique-nique un jour de pluie, et vous ne savez pas pourquoi.
Vous ne savez pas pourquoi votre tactique marche moins bien que d’habitude dans votre jeu vidéo favori
La qualité de votre travail diminue, apparemment sans raison.
Vous avez écrit un livre, vous avez crée un produit, vous vendez vos services, mais personne n’en veut. Vous ne savez pas pourquoi et vous finissez par maudire les habitants de la planète Terre.
Etc.
En fait, un peu tout le monde est confronté un jour à des problèmes apparemment sans explications (ou avec des explications à la va-vite).
Vous avez besoin non seulement de régler le problème mais aussi de vous améliorer pour ne plus perdre de temps à l’avenir.
La technique du sale gosse est celle qu’il vous faut. Lisez ce qui suit.
Et pourquoi t’achètes pas de bonbons ? Et pourquoi ça donne des caries ? Sale Gosse !
Vous avez déjà vu un gamin enchaîner les « pourquoi ? » à chaque fois que vous lui répondiez quelque chose ? Peut-être votre petit frère ? Votre neveu ou n’importe quel autre empêcheur de vivre en rond. C’est pénible hein ?
« Et pourquoi Xavier il court ? »
« Pour ne pas louper son train ? »
« Et pourquoi il prend le train ? »
« Parce qu’il va en vacances dans le sud »
« Et pourquoi il va en vacances dans le sud ? «
« Parce qu’il y a du soleil »
« Et pourquoi… »
– Et pourquoi…
– Tais-toi !!
Oui, même si vous êtes enfant unique, vous avez été un jour confronté(e) à un sale gosse qui enchaînait les questions.
Attention, mettons les choses au point : je suis pour répondre aux questions des enfants, car cela les éduque, leur fait connaître le monde (enfin s’ils ont une bonne mémoire pour retenir ce qu’on dit). C’est du second degré quand je parle de « sale gosse ».
En utilisant la même approche pour vos propres problèmes, vous allez trouver des causes parfois inattendues à vos problèmes. C’est un peu comme si vous remontiez une rivière avec la technique du saumon.
Vous allez vous questionner comme si vous étiez vous-même ce sale gosse en quête de « pourquoi ».
Exemple :
– Pourquoi tu as échoué ton examen ?
Parce que j’ai eu une note trop basse en maths qui était un gros coef.
– Et pourquoi ta note était basse en maths ?
Parce que j’ai eu du mal avec le théorème de Bayes, ca m’a fait perdre beaucoup de points.
– Et pourquoi t’as eu du mal avec ce théorème ?
Parce que je ne suis pas plus con qu’un autre, mais je n’ai pas eu le temps de m’y mettre sérieusement
– Et pourquoi t’as pas eu le temps ?
Parce que j’ai passé trop de temps sur le français et à regarder les Simpsons.
Etc.
Les raisons diffèrent de chacun. Peut-être qu’en fait il était préoccupé par Sophie qui l’a rejeté alors qu’il essayait de la draguer depuis des mois et qu’elle venait de lui mettre un mistral perdant ? Qui sait ? En remontant assez loin (n’abusez pas quand même hein, il ne s’agit pas de remonter jusqu’aux origines du monde hein), vous trouverez LA cause qui prend beaucoup de place dans votre problème.
Un autre exemple, dans un autre style :
– La qualité de mon travail a sérieusement diminué ces derniers temps
Pourquoi elle a sérieusement diminué ?
– Parce que d’autres tâches pourries sont venues se greffer entre temps.
Et pourquoi elles sont venues se greffer ?
– Parce que Sophie (encore elle !) est absente et que quand elle n’est pas là, c’est moi qui me coltine le sale boulot.
Et pourquoi c’est toi qui te le coltine ?
– Parce que les autres sont trop occupés, c’est plus simple comme cela
Et pourquoi c’est plus simple comme cela ?
– Parce que Marc, le chef pense que c’est mieux.
Et pourquoi il pense cela ?
– Parce que je suis une bonne poire incapable de dire non et qu’il le sait bien. Alors ça continuera jusqu’à ce que j’en puisse plus et que tout le monde aura vampirisé à jamais ce qui fait de moi un être humain. Voilà pourquoi !
Bref, vous saisissez l’idée. Plutôt simple non ?
J’ai volontairement choisi des exemples simplistes pour bien expliquer en quoi la technique consistait. Mais la technique ne révèle toute l’étendue de sa puissance que lors des problèmes apparemment inextricables et compliqués. En fait, plus il y a de causes/conséquences impliquées dans votre problème, plus elle mettra en lumière vos priorités.
Cependant, pour que la technique du sale gosse marche, il vous faut respecter certaines règles TRES importantes.
Les règles à respecter pour que la technique marche
Si vous manquez de respect à une seule de ces règles, vous ne tirerez rien d’avantageux à utiliser la technique du sale gosse. Prenez bien le soin de les suivre scrupuleusement :
Règle numéro 1 : Lorsque plusieurs personnes sont impliquées dans votre problème, ne donnez pas votre avis du style « Sophie est toujours absente bon sang !! » mais restez-en le plus possible aux faits que vous pouvez changer.
Règle numéro 2 : Ne tournez pas en rond. Allez au fond de vos « parce que ». C’est ainsi que vous ouvrirez à votre cerveau d’autres pistes d’exploration.
Règle numéro 3 : Partez d’un problème technique, c’est important. Essayez de mettre vos émotions de côté. Décrivez froidement votre problème. Pensez à Derrick, ca vous aidera (ou pas).
Au bout du 5ème « pourquoi », vous devriez y voir un peu plus clair dans votre problématique. Vous allez surtout pouvoir mettre le doigt sur la cause la plus importante de vos problèmes. Si vous remontez la chaîne de conséquences, vous vous rendrez compte de ce petit truc qui fait que ce problème va se répéter pour vous encore et toujours si vous ne faites rien.
D’ailleurs qui dit que vous avez besoin d’un problème pour commencer ? Pourquoi ne pas commencer à questionner dès maintenant vos habitudes ? Hein ? POURQUOI ??


Excellent. Je l’utilise déjà vaguement, maintenant que j’en ai conscience je vais l’appliquer à fond, on verra bien. 😀
Le battement d’aile d’un papillon en Chine a déclenché une tornade à Paris. Mais au final, Pourquoi le papillon a t’il battu de l’aile ?
Parfois, les gosses posent des questions dans le souçi de savoir. Parfois, il ne s’agit que d’une façon d’attirer l’attention. La preuve ? Ils n’écoutent même pas la réponse.
C’est là qu’intervient la technique Orangina : PARCE QUE !
(et en plus, il est très très méchant)
C’est une alternative économique à la psychanalyse.
C’est une technique vachement facile à utiliser POURQUOI…et en plus ça ne coûte rien et permet de réellement relativiser les choses. C’est mieux qu’un psy
J’ai lu quelque part que pour échapper à la litanie des « pourquoi » des enfants, une solution est de lui répondre en donnant non pas une cause mais une conséquence
Exemple : Pourquoi il pleut?
=> « Parce qu’il y a des nuages » entraine « Pourquoi il y a des nuages? »
=> « Pour faire pousser les fleurs » mettrait un terme aux questions.
A tester! ^^
Sinon j’aime bien la technique du sale gosse.
Ah oui tu remplaces le « pourquoi » par le « pour quoi » pas mal !
Effectivement, très chouette. En s’attachant aux conséquences, on revient à du concret observable.
En revanche, « pour quoi » est un biais cognitif dans la mesure ou on projette une intentionnalité. Pour reprendre l’exemple de Pauline, la pluie tombe ET ça fait pousser les fleurs.
La rose, elle, reste sans pourquoi. C’est peut-être ce qui la rend si belle.
J’adore! Moi je fais ça a ma chef au boulot et elle aime pas!!! 😉
Bonjour,
C’est tout bête comme technique mais encore fallait-il y penser! C’est vrai que nous sommes plutôt habitués à ne regarder qu’en surface et à ne pas gratter pour trouver l’origine de certaines choses. Les enfants eux veulent tout savoir sur le pourquoi du comment et c’est vrai que sur le coup ils nous donnent une belle leçon. Je ne vais pas hésiter à utiliser cette technique à l’avenir.
Intéressant comme article, merci !. ça m’aidera a voir un peu plus clair dans mes observations et déductions.
D’ailleurs Yves, ( « c’est drôle, j’ai l’impression de me parler a moi même ») ^^ , j’aimerais savoir si tu as une méthode pour mémoriser de manière assez rapide, des objets et leurs nombres dans un milieu quelconque ? (par exemple : j’entre dans mon garage et je veux savoir si il manque tel objet ou non)
Bonsoir,
Merci pour cet article pour ma part mon problème c’est que je me pose trop de questions si tu avais une idée pour que je lâche prise et que j’arrête de me prendre la tête je suis prenante .
Bonne soirée