Créativité Mémoire

Comment j’ai appris l’anglais dans les jeux vidéo et comment vous pouvez en faire autant

Ecrit par Jean-Yves Ponce

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Comment faire pour avoir un bon niveau d’anglais sans forcément passer des heures à bosser sa grammaire ? Sans le savoir, j’ai trouvé un élément de réponse dans les années collège…

J’ai un niveau d’anglais honorable. Je peux tenir une conversation sur n’importe quel sujet avec un natif, je comprend les plaisanteries et les jeux de mots dans la langue de Shakespeare. Plutôt pas mal pour quelqu’un qui a toujours été nul en grammaire (qu’elle soit française ou anglaise).

Ce résultat est le fruit d’un long process qui s’est passé à l’adolescence, sans que je m’en aperçoive. Avec le recul, je suis persuadé que tout le monde peut progresser dans une langue grâce à sa mémoire bien sûr, mais également grâce aux jeux vidéos. Voici comment.

 Rappel du contexte

En ce temps là, Nintendo et Sega régnaient en maître sur le marché des ados boutonneux (dont je faisais partie). A grand coups de jeux vidéos qui ont été le début de sagas qui se poursuivent encore aujourd’hui.

Flashback à la fin des années 80 où je venais tout juste d’entrer au collège.

A cette époque, l’Anglais n’était pas abordé avant la 6ème. Il existait une option qui s’appelait “Anglais renforcé” à partir de la 4e, réservé aux doués. La langue vivante 2 était très souvent l’allemand. L’espagnol était considéré comme déjà plus exotique.

Heureux propriétaire d’une Nintendo grâce à mes parents, je n’avais que peu de jeux. N’étant pas encore salarié à 12 ans, je dépendais totalement de leur bon vouloir pour me payer des jeux qui valaient à l’époque 350F pièce, soit 53 €, soit une petite fortune.

Pas mal pour l’époque non ? 

(Petit aparté, les premiers magnétoscopes à cassette et 2 têtes de lectures valaient 4000F soit 610€ !)

Tout ca pour dire, que quand j’avais un jeu, j’avais plutôt intérêt à le garder longtemps, sinon je ne jouais plus avant le prochain anniversaire ou Noël !

Quel rapport avec l’anglais ?

Et bien en ce temps-là, les jeux traduits en français n’existaient tout simplement pas. TOUS les textes étaient en anglais. Même les menus de sélection.

Quand tu as 11-12 ans, tu apprends assez vite ce que “press start button” veut dire. Ainsi que tout un tas de vocabulaire “life” pour “vie”, “level” pour “niveau”, “castle” pour “château” etc.

Bref, dans les dialogues, ca parle anglais, et si tu ne comprends pas ce que les bonhommes virtuels te disent en anglais, et bien tu restes bloqué !

Et ce fut mon cas bien des fois. Heureusement il existait une solution :

Le dictionnaire anglais.

Voici la première phrase que je me suis attelé à traduire mot à mot avec le dictionnaire, avant même mes premiers cours d’anglais.

 

Je m’en souviens comme si c’était hier. 

Garlic in the graveyard summons a stranger”

Et me voilà parti avec le dictionnaire à traduire chaque mot pour déchiffrer la phrase : “L’ail dans le cimetière invoque un étranger“.

C‘est bien simple, sans ce conseil, je restais bloqué à jamais. Et comme j’aimais bien les jeux avec des histoires, et bien je choisissais systématiquement les jeux avec beaucoup de textes (anglais). Les autres gamins de mon âge détestaient ca. Moi non. J’étais content avec mon dictionnaire et le bouton pause tous les 2 mètres.

A force d’utiliser le dictionnaire ma mémoire se mettait à enregistrer du vocabulaire de plus en plus étendu.

C’est précisément à cette période que j’ai compris l’importance du vocabulaire dans l’apprentissage d’une langue étrangère. C’est simple, avec le vocabulaire vous pouvez construire des phrases plus précises, vous pouvez dire plus de choses, vous pouvez en comprendre plus, vous pouvez déterminer facilement les registres des textes.

Bref, vous avez un temps d’avance sur ceux qui ne l’étudient pas.

C’est là, le premier point clé à mon sens : Mémorisez autant de vocabulaire que vous le pouvez, et tentez de le replacer dans des phrases que vous construisez vous-mêmes.


  Du vocabulaire à la confiance

Arrivé en cours, mon premier but était de replacer mes mots appris dans les jeux vidéos à l’aide de mon dictionnaire. Et le pire, c’est que je finissais par y arriver.

Lors des leçons, nous apprenions deux ou trois mots de vocabulaire. Mais ils ne m’intéressaient pas tellement. Je voulais absolument placer les miens quelque part dans une phrase, alors je me suis mit à parler et à construire des phrases toutes bizarres sortie des mondes médiévaux-fantastiques des jeux vidéos.

Les profs furent les premiers surpris, car ce n’était vraiment pas conventionnel qu’un gamin de mon âge soit capable de sortir des mots comme “cimetierre” “fouet” “antichambre” “puissance”, “objet” (items) etc.

Je me faisais souvent reprendre par les profs parce que j’utilisais des mots d’un contexte trop différent que celui du quotidien, mais peu importe : même hors sujet, ma phrase était compréhensible par un anglais.

Alors que tout le monde vivait un complexe étrange d’infériorité vis à vis de la langue étrangère, moi je m’en sortais pas trop mal avec mes phrases médiévales sorties du dictionnaire et avec lesquelles je progressais dans mes jeux de gamins.

En fait j’ai fait fructifié un gros capital confiance qui m’a fait prendre pas mal d’avance dans l’apprentissage de l’anglais.

Mais c’est là que la mémoire apporte son deuxième point clé à mon sens…

 

 Mémoriser des phrases entières

Sans parler de jeux vidéos,

Si vous persistez à engranger du vocabulaire chaque fois que vous ne comprenez pas un mot, il va se passer un phénomène intéressant.

Votre cerveau va se mettre à enregistrer des pans de phrases entières. Vous allez commencer à mémoriser sans vous en rendre compte des répliques entières et construites.

J’en parlais dans comment apprendre une langue avec des DVD de série, A force d’être immergé dans une langue étrangère et de tenir bon, vous allez mémoriser beaucoup plus d’éléments de cette langue. Mieux que si vous aviez des sous-titres en fait.

Au fil des années, le jeu était passé du “mot de vocabulaire” aux phrases entières à placer dans les exercices.

Et c‘est en mémorisant les phrases que je me suis rendu compte de la puissance de la mémoire en langues étrangères.

En fait, vous n’avez même pas besoin de passer trop de temps sur les exercices. Si vous arrivez à faire quelque chose de “fun” tout en y mêlant l’anglais, vous allez absorber la langue bien plus rapidement et efficacement.

Je n’en avais rien à faire des cahiers d’exercices ou “Brian avait cassé la télé dans le salon“. Ce que je voulais savoir moi, c’est ce que le vieillard derrière le cimetière avait à me dire pour que je puisse progresser dans ma quête pour tuer Dracula !!

Le dictionnaire m’a bien aidé, mais je ne l’aurai jamais ouvert si c’était pour traduire des choses pour lesquelles je n’avais pas d’affinités.

On en vient au troisième point clé pour mémoriser une langue selon moi :

Alliez la langue étrangère à une tâche fun. Ce peut être votre série préférée, des jeux vidéos en anglais, des textes antiques sur l’art du papyrus, peu importe. Prenez votre passion et anglicisez la.

Surtout que maintenant avec internet, c’est vraiment pas difficile de trouver des ressources dans la langue de Shakespeare. Vous êtes passionnée par la confection des corsets ? Traduisez des manuels entiers. A la fin je vous garantis que vous aurez engrangé beaucoup de vocabulaires.

Votre truc c’est le tunning ? Regardez des vidéos en anglais où des pros expliquent comment ils font. Comme par magie, vous comprendrez bien mieux.

Mémorisez bien le vocabulaire, les phrases employées, et le reste viendra tout seul. 

Vous possédez le plus bel ordinateur de l’univers : votre mémoire ! Qui peut associer des choses absolument sans rapport et y trouver un sens ! Pour moi c’était les gousses d’ail au cimetière, pour vous ce sera autre chose.

Aucune importance. Aucun ordinateur n’aura cette capacité d’associations et d’abstraction que vous avez naturellement, là, tapie en vous.

A vous de faire émerger votre” super ordinateur” doué d’âme.

Laissez les complexes au vestiaire. Ils ne servent objectivement à rien du tout et quoique vous en pensiez, ne sont pas justifiés.

sing-post-cta-potion-de-vie

29 Commentaires

  • Bonjour JY.

    Merci pour cet article.
    Ton retour d’expérience est très intéressant. Je vais peu être revoir ma position sur les jeux vidéos. Mes enfants te remercient d’avance 😉

    J’étais nul à l’école en anglais. J’ai eu un déclic il y a quelques années lorsque je me suis offert la méthode Michel Thomas de Harrap’s. Je ne sais pas si tu connais.
    Que de l’audio, pas d’exercice. Tu apprends comme un enfant avec ses parents, par la répétition.

    Résultats. La méthode a boosté ma compréhension et je me suis mis à apprendre un tas de trucs avec des tutos en anglais sur internet.

    A bientôt sur ton blog.

    Cyril

    • Salut Cyril,

      Non je ne connaissais pas Michel Thomas !
      Attention pour les jeux, car c’est difficile de trouver de nos jours un complètement en anglais !
      J’espère que toi, tu vas pas me maudire ! 😀

      Le plus dur est comme toujours de faire participer les gens, et c’est encore plus dur pour les enfants.

  • Salut J-Y,

    Je me reconnais totalement dans ton article. J’ai moi aussi fais de gros progrès premièrement avec les jeux vidéos et ensuite avec les séries TV en VOST 🙂

    L’accumulation de vocabulaire est vraiment une base. J’ai lu ou entendu quelque part qu’à partir de 2000 mots de vocabulaire (les plus utilisés bien sûr) on peut se débrouiller dans n’importe quelle situation.

    On se prend vite au jeu et plus on est confiant dans la langue plus on apprend.

    Bonne journée!

    Pierre-Antoine

  • Je me retrouve dans ton article. J’avoue que les jeux vidéo m’ont beaucoup aidé dans l’apprentissage de la langue surtout les RPG.
    Je me rappelle que je jouais à Everquest en ligne avec un dictionnaire, sans parler des nombreux jeux que je téléchargeais (honte sur moi…) en VO en avant-première pour pouvoir les finir avant qu’ils sortent en France.

    Le meilleur moyen d’apprendre la langue c’est de le faire dans une passion comme tu dis.

  • Après avoir lu cet article, j’ai tout de suite ressortit mon jeu vidéo préféré, avec une énorme motivation, pour me rendre compte que, aujourd’hui, ma boite française ne contient que la version française 🙁
    Mais comme ce jeu date de à peu près 2002, j’ai bien envie de me racheter une version anglaise qui doit couter aujourd’hui pas loin de 5euros. J’aurais une bonne excuse de passer mon temps sur les jeu vidéo et en plus je suis sur que niveau grammaire (mon point faible) ça peu beaucoup m’aider.

  • Que de souvenirs…

    Dans mon cas, j’ai appris l’anglais principalement avec des séries américaines. J’étais accroc à des dizaines de séries, que j’ai suivi pendant de nombreuses saisons.

    J’ai passé mon TEOIC l’année dernière, 970 ! 🙂

    Merci les séries TV !

    Pour les jeux vidéos, j’étais plus “jeux en ligne” que jeux consoles. Du coup très rapidement j’ai joué sur des jeux où les joueurs venaient de tout horizon. Et donc il fallait parler anglais, bien évidemment. C’était une aide remarquable. C’est bizarre au final de savoir dire “peau de lézard empoisonnée” par exemple avant même de savoir dire des choses tellement plus basiques !

  • On a affaire à un petit jeune là. 🙂
    Alors loi, si je me souviens bien, mon premier jeu sur TV s’appelait videopac c52 s’il y a des connaisseurs. Là, pas de problème d’anglais parce que les jeux étaient bête comme choux. C’était l’époque Pacman.

    Après c’est Atari et mo5 qui ont du arriver (toujours si ma mémoire est bonne). Là, effectivement, il commençait à y avoir de l’anglais. Mais les jeux étaient assez intuitifs.

    J’ai plus appris en me mettant à l’informatique. Création de site, utilisation de logiciels divers … Je parle pas couramment, mais je commence à comprendre pas mal l’anglais marketing et technique. Donc avec un anglais, je devrais m’en sortir pas mal.

    Thierry

    • Salut Thierry,

      J’ai connu Mo5 aussi (tu touches la cartouche, et c’est mort !) Atari etc. Mais c’est à l’arrivée de la NES qu’on pouvait vraiment parler de s’exercer avec un dico d’anglais 😉

      J’aurai aimé faire comme toi par la suite et me mettre à l’anglais en faisant des trucs utiles comme la programmation informatique.

  • Ah les jeux vidéos, toute mon adolescence. Metal Gear Solid, Final Fantasy,…

    J’ai appris beaucoup d’expressions de la langue anglaise grâce aux jeux vidéos. Et puis jouer à Fifa 2012 avec les commentaires en anglais, quel plaisir 🙂

    • Ah ben tiens, voilà un exemple parfait de Jeux parlé en V.O comme je disais à HRDNJBJ, surtout que les voix de la version US et celles en français, t’as vraiment pas l’impression de jouer au même jeu…

  • Salut Jean Yves,

    cette méthode fonctionne réellement.
    Je constate qu’à chaque fois que je fais des exercices en anglais ou que je joue à des jeux vidéos , j’accumule plus rapidement des mots en anglais et j’arrive aussi à mieux comprendre les phrases.

    • Je pense que le secret est de mêler “fun” à “corvée” et trouver un moyen de les faire cohabiter. Aurélien Amacker me parlait hier d’écouter des cours d’anglais en même temps qu’il fait de la cuisine. Comme il adore cuisiner, c’est un peu le même esprit !

  • “Les profs furent les premiers surpris, car ce n’était vraiment pas conventionnel qu’un gamin de mon âge soit capable de sortir des mots comme « cimetierre » « fouet » « antichambre » « puissance », « objet » (items) etc.”

    J’ai explosé de rire, j’ai imaginé la scène xD

    Merci pour l’article 🙂

  • Bon moi je vais rammener mon grain de sel.
    Je suis d’accord avec vous sur votre article. Mais il ne faut pas généraliser. Je m’explique.

    Comme vous, j’ai également joué aux jeux videos en anglais et, avec mon petit dictionnaire de poche, traduit les textes – et lorsqu’on joue aux RPGs, ça pouvait bien prendre 1 heure facilement avant de pouvoir jouer réellement. Mais je m’en fichais puisque j’étais principalement interessé par l’histoire.
    Malgré celà, je n’ai jamais retenu le vocabulaire que je cherchais. Evidemment, les mots comme “vie”, “feu”, “eau”, “niveau”, qui revennaient tout le temps s’imprégnaient facilement s’enregistraient. Mais j’oubliais tout le reste au fur et à mesure.
    Je ne sais pas, mon cerveau est peut-être “constitué” autrement ou cela vient peut être du fait que vous avez joué à des jeux dont les phrases restaient relativement simple et qui étaient facile à emmagasiner. En revanche, ceux auquels je jouais étaient constitués de phrases et de mots bien trop riche et compliqué (et nottament l’utilisation des phrasal verbs – je ne comprennais pas l’utilité des “up”, “out”, “back”… au collège).
    Mon anglais ne s’est amélioré que lorsque j’ai eu à apprendre par coeur des listes de vocabulaire et des phrases types de communications après le lycée.

    Et les jeux videos ne m’ont jamais aidé a comprendre l’anglais oral. A l’époque, les personnages ne parlaient pas. Donc ils ne m’ont pas permis d’améliorer mon oreil. Je peux le constater maintenant quand je regarde des séries : j’entend les phrases si je mets les sous-titres mais il m’est très difficile de comprendre sans. Il faut que je réécoute 4/5 fois avant de capter les mots.

    Tout cela pour dire que, selon moi, les méthodes d’apprentissages varient selon les gens et qu’il ne faut pas généraliser.

    Enfin bref, bravo quand même pour l’article. Il pourra peut être aidé certains. Bonne continuation 🙂

  • Tiens, je vais en parler à mon petit frère, grand joueur de jeux vidéo devant l’éternel et grand réfractaire à l’anglais …

    J’ai grandement augmenté mon vocabulaire d’anglais en jouant à un jeu de cartes pendant des années : Magic the Gathering. Au début, ça se faisait un peu tout seul : j’enregistrais un mot sans vraiment le chercher. Puis j’ai fait volontairement : j’allais chercher définition et traduction des mots.

    Accessoirement, j’ai aussi appris des mots français 🙂

  • Et dire que mettre de l’ail dans le cimetierre ca ne servait meme pas à avancer le jeu mais juste à recuperer une arme inutile! 🙂 D’excellents souvenirs en effet, de mon côté c’était un mix entre jeux videos (dont l’excellent simon’s quest) et chansons de Nirvana qui m’a fait progresser en anglais et prendre une longueur d’avance. Aujourd’hui c’est films en VO et conférences Ted!

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