Mémoire

Technique supplémentaire pour mémoriser les noms et les visages

Ecrit par Jean-Yves Ponce

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Lorsque l’on débarque dans une entreprise, une communauté, une ville, ou tout groupement de plus de 50 personnes, nous trouvons habituellement un trombinoscope. Le mémoriser permet de prendre un bon départ dans une relation à venir. Le nom des gens est important pour eux.

Comme il est agréable de revoir quelqu’un qui se souvient de notre nom des mois après !

Dans la page à propos, je décris que je bosse dans une école. Nos étudiants n’ont pas encore repris les chemins des salles de classe. Certains s’en vont car ils ont fini leur cursus et d’autres arrivent en première année.

 

Je me suis lancé un petit défi, celui de mémoriser les 131 noms et visages des élèves de sections que je ne connaissais pas.

 

Nous avons vu  la base de la technique de mémorisation des noms et des visages que j’utilise. Cependant, j’ai eu quelques soucis sur certains visages

Que faire quand un visage n’a pas de détail physique sortant de l’ordinaire ?

Certains visages sont équilibrés, symétriques, et ne comportant pas de signe particulier. Comment l’associer à une image mémorable dans ce cas ?

Votre première option est de regarder si le visage de la personne ne vous rappelle pas quelqu’un que vous connaissez ou bien quelqu’un de connu comme un acteur, un présentateur télé, une animatrice d’émission etc.

Imaginons un moment que votre interlocutrice se prénomme Michelle et qu’aucun détail physique ne vous saute aux yeux (ou alors tout vous saute aux yeux à égale importance)

Par contre Michelle ressemble étrangement à une envoyée spéciale aux Etats-Unis d’un journal télévisé que vous regardez régulièrement.

Plutôt que de vous creuser les méninges à chercher un détail alors que vous n’avez peut-être pas le temps, il est tout aussi efficace d’imaginer l’espace d’un instant Michelle devant la Maison blanche en train de parler au micro d’une main et tenir une miche (comme Michelle) de pain dans l’autre!

En d’autres termes,

Si le personnage ne vous marque pas par un détail physique, changez-le de décor !

Un autre exemple serait quelqu’un que vous rencontrez pour la première fois Bruno et qui pour une raison inconnue vous rappelle Jo-Wildried Tsonga. Imaginez-le directement à Rolland Garros sur le central en train de manger un paquet de pruneaux (Pruneaux = Bruno, les deux mots ont une sonorité presque similaire)
La prochaine fois que vous verrez Bruno, vous serez transporté l’espace d’une fraction de seconde à Rolland Garros. Tsonga en train de manger des pruneaux vous reviendra instantanément en mémoire.
Enfin, il se peut que votre interlocuteur vous rappelle un ami ou une connaissance. Même procédé : Transposez le décor en prenant l’endroit où vous rencontrez régulièrement cet ami ou cette connaissance, par exemple directement dans sa maison si vous la connaissez.

 

Que faire lorsque mon interlocuteur ne ressemble à personne de connu ?

Certaines personnes n’ont aucun détail physique qui sort de l’ordinaire et ne ressemblent à personne de connu pour vous. Il existe une astuce que vous pouvez utiliser. Je l’ai empruntée à Dominic O’Brien, 8 fois champion du monde de mémoire entre 1991 et 2001 :
Parfois lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, il se peut que votre interlocuteur/interlocutrice vous donne l’image d’une profession type. De la façon dont la personne est habillée ou les expressions de son visage ou sa façon de se présenter.

Par exemple, si vous rencontrez quelqu’un qui vous fait penser à un banquier, imaginez le directement assis derrière le guichet de votre banque habituelle. C’est radical. Vous n’avez plus qu’à compléter l’image avec l’association du prénom.

 

Que faire quand rien de tout cela ne marche ?

Il se peut que vous rencontriez une personne qui n’a aucun détail physique particulier, aucune ressemblance avec personne, et qui n’a pas de look stéréotypé.

Il vous reste la technique que j’utilise en dernier recours : Le nom.

Attendez que la personne se présente et utilisez son nom pour créer votre image.

Je m’explique.

Si la personne que vous rencontrez s’appelle Paul, associez son nom comme vous le faite d’habitude. En l’occurrence, « Bol » peut être une bonne image pour « Paul » du fait de la phonétique presque identique entre les deux mots.

Normalement c’est le détail physique (ou le lieu comme nous l’avons vu plus haut) qui déclenche le souvenir du nom.

Ici nous allons directement nous servir du nom comme déclencheur :
Vous devez faire interagir le bol avec votre interlocuteur. Imaginez votre bol en mouvement, rebondir par terre pour frapper le visage de votre interlocuteur.

Faites tout ce qui est nécessaire pour donner du mouvement et des détails précis à la scène.
Imaginez votre interlocuteur blessé par l’impact s’il le faut. Le but est que la prochaine fois que vous verrez Paul, vous vous souviendrez de l’attaque du Bol volant fou.

Ce genre d’image mentale prend plus de temps à gérer et nécessite un peu plus de répétitions au début. Elle ne doit être utilisée qu’en dernier recours, quand vraiment vous ne parvenez pas à associer le visage à une image.

Une fois maîtrisée par contre, elle se révèle aussi efficace que les autres.

 

Que faire lorsque mon interlocuteur change de coupe de cheveux, rase sa barbe etc ?

Souvent, votre interlocuteur aura changé radicalement de style du jour au lendemain. On pourrait penser que c’est problématique si le détail qui vous avait sauté aux yeux étaient une coupe de cheveux « dynamique » ou une barbe fournie.
Pourtant ce n’est pas le cas.
Malgré le changement de style, l’image vous reviendra quand même en mémoire, car inconsciemment votre cerveau aura capté tout un tas de petits détails physiques supplémentaires sans que vous le sachiez. Vous n’oublierez pas un visage que vous avez rendu « marquant » à un moment grâce à vos associations mentales.

 

Conseils !

On me demande régulièrement comment je fais pour me souvenir à ce point des gens. Et si vous vous appliquez à suivre cette technique et celle-ci, je vous garantis qu’on vous le demandera aussi au bout d’un moment, et encore plus lorsqu’avant vous n’y arriviez pas !

 

Voici mes deux recommandations quand vous commencez à utiliser des techniques de mémorisation de visages :

 Ne jamais révéler comment vous avez fait l’association. Même si ca peut être tentant de révéler votre technique, les détails physiques et autres moyens de repères peuvent être blessants et mal pris. J’ai une fois traumatisé une fille en lui disant que je me souvenais d’elle parce qu’elle avait des grandes dents de lapin, comme les miennes. J’avais dépassé ce complexe depuis longtemps, mais ce n’était pas son cas…

 

 Ne baissez pas les bras ! Prenez le temps qu’il faut. Au début c’est difficile car les visages sont comme des formes abstraites et on n’a pas de points de repères. N’abandonnez pas. Ne rangez pas les techniques que je vous ai décrite ici dans un placard pour ne jamais les réutiliser. Forcez-vous au début pour vous donner l’habitude. Plus le temps passera, plus ce sera facile.

 

Alors, avez-vous essayé ?


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15 Commentaires

  • Je reste un peu perplexe face à ces méthodes mais la seule manière de vérifier et d’essayer !

    Je vais donc dès aujourd’hui m’y mettre et voir ce que ça peut donner.

    Car comme l’a dit Dale Carnegie dans « comment se faire des amis » (et beaucoup d’autres auteurs), il est extrêmement important de se souvenir du prénom de son interlocuteur pour établir de prochaines relations.

  • […] et  http://www.potiondevie.fr/technique-memoriser-noms-visages/ Résumé […]

  • Bonjour,

    j’ai déjà lu quelques article sur le sujet qui développaient le propos suivant: pour bien retenir le nom de notre interlocuteur, une technique consiste à le répéter après qu’il/elle se soit présenté, et de l’utiliser exaggérément dans les cinq minutes qui suivent.

    Cette manière de faire oblige notre cerveau à solliciter activement la mémoire, et à donner à la bouche l’ordre de prononcer le prénom, ce qui permet de mieux l’enregistrer.

    Avez-vous déjà entendu parler de cette technique de mémorisation ? Si oui qu’en pensez-vous ?

    • Le répéter OUI, c’est un plus indéniable pour bien le garder en mémoire !

      L’utiliser exagérément, pourquoi pas, mais ca peut faire bizarre en soirée, et surtout, si tu mets ton énergie à être attentif, tu n’auras pas besoin de l’utiliser de façon exagérée.

      Procéder à un rappel intérieur des personnes que l’on a rencontré est un bon moyen de les garder à long terme sinon

  • Merci beaucoup pour cet article !

    En fait tout cela porte ses fruits lorsqu’on se souvient du visage des gens (le problème étant alors de lui associer un nom)… Les choses se compliquent lorsqu’on a des difficultés terribles à différencier les visages. Non pas que je sois prosopagnosique non plus, mais mes capacités à reconnaître des visages sont très mauvaises.

    Pour l’anecdote, il y a quelques années, lorsque j’avais 15-16 ans, j’étais parti en vacances chez une amie. J’y suis resté deux semaines et j’ai mangé tous les jours (midi et soir) avec sa famille. J’ai même sympathisé avec sa sœur, on s’est bien marré, tout ça…
    Une semaine après tout ça, la rentrée. Je la croise dans la cour du Lycée et là… Le vide absolu. C’est pas que je me souvenais pas de son nom… C’est que je ne savais pas du tout où je l’avais vue, et si je la connaissais (bien que son visage me dise quelque chose). Je vous avoue qu’en réponse à sa chaleureuse salutation, mon « Excuse-moi, mais t’es qui ? » (on a toujours du tact à cet âge) a été du plus mauvais effet (la fille en question ne m’a plus jamais reparlé. Et on la comprend. Pourtant je l’appréciais bien, ce n’était pas la question).

    Bref, si un jour sur un blog de développement personnel, je pouvais lire un article sur des techniques, non pas pour mémoriser l’association nom-visage, mais simplement pour reconnaître un visage… !

    Ce serait formidable ! 🙂

    Merci beaucoup en tout cas pour ton super blog.

    À bientôt.

    • Salut Michel, merci pour ton commentaire !

      « Excuse moi mais t’es qui  » ouch , ca doit faire mal 🙂
      Tu as toujours autant de mal de nos jours ?

      Je ne sais pas si je peux parvenir à une technique en particulier, je vais y réfléchir mais je garantis rien …

  • Merci pour ta réponse Jean-Yves.

    Disons que j’essaie de faire des efforts mais ce n’est pas très fructueux… Je confonds toujours les personnages dans les films (et sachant [d’après ce que j’ai lu] que les visages d’une autre ethnie nous sont bien moins reconnaissables, le film « In The Mood For Love » a été un réel carnage. J’ai compris seulement aux trois quarts du film que l’on suivait l’histoire de deux femmes [une maîtresse et une épouse] et non pas d’une seule… [véridique !]). Je suis toujours impressionné quand je vois des amis me dire « Ah ça c’est machin qui joue dans tel film », quand moi même j’ai du mal à différencier les personnages au sein d’un film ou d’une série (« mais ça c’est le méchant ? Ah c’est le meilleur ami en fait ? Mais depuis le début ? »).

    Mon cauchemar étant bien entendu les jumeaux (ne comptez pas sur moi pour les différencier). Pour l’autre anecdote, jusqu’à mes 15-16 ans, j’ai toujours confondu deux de mes oncles (qui ne se ressemblent absolument pas, maintenant que j’y pense). La façon dont je les différenciais était leur femme, et étant donné que l’un est devenu veuf ça m’a facilité (je sais, le mot est malheureux) la chose.

    Le problème est plus un souci de reconnaissance que de mémoire je crois bien… J’ai pensé à un souci d’attention (c’est bien probable) mais même en me concentrant j’arrive à des résultats pas vraiment meilleurs.

    Et ça, c’est assez handicapant. Parce que ne pas se souvenir du nom d’un collègue c’est une chose. Mais ne pas se souvenir qu’on le connait c’en est une autre ! À vrai dire, pour la vie courante, c’est plutôt que je sais que je connais la personne, mais je ne sais pas d’où. Le problème vient peut-être d’une difficulté à replacer les choses dans leur contexte. La sœur de l’amie en question (commentaire précédent) m’était très facilement reconnaissable au sein de la maison. C’était normal qu’elle soit là lorsque je descendais l’escalier. Une fois que je la retrouve dans un contexte radicalement différent, elle n’existe quasiment plus pour moi. C’est très perturbant.

    • C’est effectivement assez étrange !
      merci pour ton témoignage,

      tu as raison, ce n’est pas un problème de mémoire mais plus de reconnaissance, je pencherai pour les fameux neurones miroirs, mais bon, je ne suis pas neurologue 🙂

  • Ah, je ne connaissais pas. Merci, je vais creuser.

    Ce qui est d’autant plus étrange c’est que je n’ai pas de souci pour repérer les micro-expressions faciales décrites par Paul Ekman par exemple (sur ses logiciels METT et SETT, je fais des scores assez bons). Donc ça doit être un souci de reconnaissance de la globalité du visage.

    Ici ( http://www.potiondevie.fr/3-moyens-entrainement-memoriser-noms-visages/ ) tu donnes des trucs pour associer noms et visages. J’avoue que Facebook est une bonne idée pour mon problème. Je vais me faire un entraînement intensif pour reconnaître les gens, même si je ne les connais pas. Au moins pouvoir dire « Ah tiens, ça c’est le type de tout à l’heure ! ».

    Merci dans tous les cas pour tes conseils précieux.

  • Est-ce que le fait d’apprendre et de mémoriser des noms ou n’importe quoi d’autre limite la mémoire elle-même, même en associant son nom avec un objet ou une image? Je veux dire par là que si je lis dans le journal que Tim Robbins fait un nouveau film, le fait de retenir son nom pourra-t-il potentiellement me faire oublier celui de Dustin Hoffman appris la semaine d’avant, car Tim Robbins prend « de la place » dans mon cerveau?
    Au fait, bravo et merci pour cet article, il est complet et vivifiant vivifiant

  • Bonjour !
    Très intéressant cette méthode pour retenir les noms…
    Dites-moi comment fait-on pour mémoriser un mot qui n’a pas d’image correspondante. Exemple pour un noms étranger qui ne fait ni queue ni tête pour nous. Disons, le nom indien « Venkat ». On pourrait se dire « When cat » (en anglais). Bon pour le cat, ça peut aller. Mais, le « When »… Là, je suis dans le vide visuel !
    De plus, si la sonorité me fait choisir un mot anglais, ou d’un autre langue que le Français, l’image (pour cet exemple) étant celle d’un chat, je risque de dire Venchat, plutôt que Venkat.
    Voilà donc mes deux questions ;
    1. Comment faire une image avec une conjonction ou autre mot du genre (Quand, quoi, où…)
    2. Comment différencier les mots/image de notre langue maternelle et ceux des autres langues.
    Merci,
    D

    • Tu n’as pas besoin d’une méthode qui te déchiffre chaque syllabe. Une seule (syllabe) suffit dans beaucoup de cas. Pour Venkat, « cat » peut suffire, tout comme « veine »
      Après ce n’est qu’une question de répétitions, qui peuvent être accompagnées de répétitions écrites si l’orthographe est compliquée.
      Pas besoin non plus de méthode pour distinguer les différents langages (maternel ou pas) ton cerveau ne va pas confondre les deux 😉

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