9 ème livre chroniqué ici : Never be lied to again. Rappelons que dans le cadre du défi fixé, il s’agit de lire 42 livres ressources en rapport avec les thématiques de Potion de Vie.
Aujourd’hui je m’attaque à un livre dont la couverture ne fait pas très envie. Il y a une grosse étoile avec marqué « best-seller » dessus, et sur fond jaune je peux lire « how to get the truth in 5 minutes or less in a conversation« .
(comment obtenir la vérité en 5 minutes de conversations ou moins)
Ca part mal.
Toutefois, j’ai vu ce livre présenté plusieurs fois par des conférenciers que j’aime bien, alors je me suis dit que j’allais quand même lui donner une chance.
Qu’est ce que ce livre Never be lied to again?
Comme son nom l’indique, Never be lied to again est un guide anti-mensonge. Les gens vont finir par se demander comment cela se fait que je lis autant de choses sur la détection du mensonge. J’y reviendrai un jour. Never Be lied to again est donc divisé en plusieurs parties et traite du langage non-verbal, du phrasé, des techniques de comment obtenir la vérité (ca c’est très intéressant !) et même une petite partie consacrée à l’hypnose. C’est un livre qui se veut « pratique » et applicable par n’importe qui. (Ca j’aime aussi). Encore faut-il que ce livre soit écrit par quelqu’un avec une certaine autorité et non par un marketeur.
Qui est l’auteur de Never be lied to again ?
David J. Lieberman est un psychologue reconnu dans le domaine des sciences du comportement. Jusque là ca ne me dit rien. Messinger a écrit plus d’une vingtaine de livres sur le langage corporel en faisant que de l’induction donc bon… Créateur de techniques utilisées par le FBI (ca c’est déjà plus solide à mon sens), le gouvernement, les navy seals etc. etc. Je ne connaissais pas ce monsieur, mais c’est vrai que ses bouquins apparaissent régulièrement dans les publications outre-atlantiques que je lis, donc…
Première partie : la communication non-verbale
46 signes non verbaux de mensonge sont passés en revue. 46 indices selon Lieberman. Etant déjà plutôt calé sur le sujet, j’attend de voir s’il tombe dans les pièges classiques du « bras croisés = défensif = mensonge » ou « yeux qui regardent en haut à droite = mensonge ». Même s’ils sont évoqués, il ne tombe pas dans les gros clichés populaires. Les indices se suivent (il y en a 46 à passer en revue et cela comprend presque un tiers du livre !) Le reste des indices se base effectivement sur des recherches scientifiques (notamment celles d’Ekman et de Friesen) et sur d’autres publications sérieuses. Rien ne me fait bondir et je lis sans sourciller les indices décrits avec un style agréable.
Deuxième partie : La communication verbale et les autres signes du mensonge
Alors là, on apprend des choses intéressantes ! Comment les suspects gagnent du temps, les signes de soulagement lorsque les soupçons s’éloignent, les récits pas assez détaillés et les récits trop détaillés, le phrasé, les chiffres, les distances, le temps… La première partie ne comporte pas de surprise pour quelqu’un de cultivé dans le non-verbal, mais la deuxième partie est intéressante car ce sont des ressources peu exploitées, à part dans les forces policières. L’assomption morale est également abordée (vous savez quand la personne met en doute votre moralité en osant l’accuser) C’est très marrant et les pages s’enchaînent vite.
Troisième partie Never be lied to again : Obtenir la vérité en 5 minutes ou moins
Voici la partie qui me rendait suspicieux au début. Ma première surprise est de voir que Lierberman donne un plan séquencé dans le but d’obtenir la vérité de quelqu’un. La séquence d’introduction (où l’on commence la confrontation avec le suspect sans l’accuser) – la séquence d’attaque et enfin la séquence des 11 balles d’argent de la détection du mensonge (les killers)
Attendez une minute. Il existe une multitude de scénarios et aucun plan ne marche pour tous les cas !
C’est exact. C’est pour cela que selon la situation, nous n’allons pas utiliser la même séquence d’introduction, ni la même séquence de confrontation et sur les 11 fameuses balles d’argent, certaines ne seront pas adaptées à toutes les situations. Lieberman couvre l’ensemble des situations, ce qui est plutôt une bonne surprise, je ne m’attendais pas à autant d’exhaustivité. La séquence d’introduction comprend les manières de poser le scénario au suspect : le questionnement direct, l’utilisation d’un scénario similaire, et l’utilisation de généralités dans le but de découvrir la posture de l’individu (détendue ou défensive) Dans la phase d’attaque (trop variée pour être totalement relatée dans un simple article) Lieberman passe en revue les avantages et les inconvénients du questionnement direct, indirect, des « tirs au jugé » (prêcher le faux pour savoir le vrai) etc. Beaucoup de scénaris sont effectivement couverts, ce qui donne beaucoup de crédibilité aux propos de Lieberman Force est de constater que cette partie du livre est une mine d’informations et que j’aurai voulu qu’elle soit encore plus approfondieplutôt que d’avoir la dernière partie du livre, à mon sens totalement inutilisable.
Quatrième partie : L’hypnose
Oui voilà. Quand rien ne marche, tentez l’hypnose. Sauf que si j’ai acheté ce bouquin, il y a peu de chances pour que j’ai en poche mon diplôme d’hypnotisme. Lieberman nous met en garde contre l’utilisation abusive de l’hypnose, l’implantation de faux souvenirs, et les jeux de l’esprit. Franchement, je trouve que cette partie s’ampute de 80% des lecteurs, alors que la partie précédente était passionnante et aurait mérité d’être traitée plus dans le détail. Qui va utiliser se former à l’hypnose dans le seul but de découvrir qui a volé le vélo de Roger par exemple ? Personne ! Que dire de cette partie ? Les conseils ont l’air d’être crédibles, mais sans formation adéquat, j’aurai du mal à confirmer ou à en faire une quelquonque synthèse.
En résumé : Pas mal
J’ai aimé :
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- La passionnante partie avec la phase séquencée pour obtenir la vérité en 5 minutes
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- le style concis et direct, abordable sans trop noyer sous le jargon technique
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- l’aération des propos, ce qui rend le livre facile et rapide à lire.
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- L’éfficacité de certaines techniques verbales
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- La dernière partie du livre qui se trompe de cible à mon avis
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- La partie sur le non-verbal qui n’apporte rien de nouveau pour quelqu’un qui a déjà lu ses classiques
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- Le style un peu trop « induction » de certains indices de mensonges (si c’est comme ca, alors ca veut dire ca et rien d’autre)
Never be lied to again de David Lierberman Nombre de pages : 150 Facilité de lecture : facile


Je n’ai pas lu ce livre mais j’ai lu deux ouvrages consacrés mentalisme qui reprennent les techniques de détection de mensonges et les différentes significations du langage non-verbal.
Quoi qu’il en soit ton livre à l’air intéressant…
Bon courage pour la suite de ton blog.
Fred
Bien le bonjour,
Ce livre m’a l’air bien intéressant, et je pense que je vais y jeter un oeil. Je ne découvre pas vraiment le non-verbal, j’avais déjà lu quelques ouvrages d’Ekman (notamment « Telling Lies », Emotions Revealed », « Unmasking the Face ») et d’autres en français comme « La Vérité sur les Gestes » de Chétochine et « Ces gestes qui parlent à votre place » de Joe Navarro.
Je suppose que je n’apprendrais pas grand chose de ce point de vue là, mais c’est plutôt la mise en pratique directe qui attire ma curiosité, tout les livres que j’ai lu jusqu’ici sur le sujet sont plutôt orientés théorie et non pratique.
Dans tous les cas merci du partage, je reviendrais sans doute donner mon avis là-dessus lorsque je l’aurais lu 😉
Inlandsis.
oui, sans doute. 🙂