Mémoire

Mémoriser les kanjis japonais

Ecrit par Jean-Yves Ponce

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Mémoriser les kanjis

Avez-vous déjà essayé d’apprendre une langue tellement éloignée de la vôtre que cela vous semblait impossible ? Du style où vous regardez quelques mots et vous savez déjà que vous n’allez pas y arriver. C’est le cas notamment du japonais et de ses kanjis.

Je sais que parmi les lecteurs de Potiondevie il y a des passionnés de mangas, de filles au cheveux bleus, de robots presque humains, bref du Japon.

Peut-être qu’un jour vous vous lancerez dans l’aventure d’apprendre le japonais ?

Perso cela m’a tenté plusieurs fois. Mais bon, les journées font 24h, et une fois que l’on a éliminé la procrastination via SYNAPSE, le problème n’est pas d’agir ou de terminer ce que l’on commence, mais de sélectionner ce que l’on veut réaliser.

Bref

 

Comment mémoriser les kanjis japonais ?

Vous avez deux méthodes : celle de l’apprentissage traditionnel et l’apprentissage via techniques de mémorisation (la méthode Heisig)

Passons en revue l’apprentissage traditionnel :

Chaque jour vous apprenez 5 kanjis que vous n’avez jamais vu. Vous vous entraînez à les reproduire chacun une trentaine de fois. Enfin, vous révisez chaque jour les kanjis de la veille.

C’est ni plus ni moins que de l’apprentissage par coeur via la mémoire séquentielle et par le même temps vous vous entraînez à les reproduire.

Autant vous dire qu’il y a rapidement de quoi vous dégoûter du japonais même si vous avez une féroce envie d’aller au pays de Nintendo.

En revanche il existe une autre possibilité pour mémoriser les Kanjis.

 

La méthode Heisig

James Heisig est un philosophe dont le travail était basé sur la psychologie de Jung. Vous vous souvenez de la symbolique dont je vous parlais dans la méthode RGMP ? Et bien là-aussi nous allons parler de symbolique car Heisig a développé une méthode assez proche des techniques de mémorisation et que donc je vous recommande fortement.

Heisig a mis au point une méthode assez enfantine d’apprendre les Kanjis, mais d’une efficacité diabolique.

Il a découvert que les kanjis étaient formés de blocs qu’il appelle « blocs primitifs« . Tous les kanjis existants sont formés à partir d’une combinaison de ces fameux blocs primitifs.

270 combinaisons pour être plus précis. Si vous mémorisez ces 270 combinaisons (grâce à des techniques de mémorisation que vous allez découvrir plus bas) vous aurez mémorisé l’ensemble des 50 000+ kanjis existants !

Un challenge nettement plus réalisable non ?

Et là d’un coup le pays du soleil levant redevient accessible !

 

Tu peux donner un exemple stp ?

Voici un kanji formé de plusieurs blocs primitifs :

kanjis

Vous voyez ? C’est comme si les kanjis étaient décomposés en éléments (blocs primitifs) reconnaissables. Vous pouvez déjà transformer certains de ces blocs « primitifs » en images. Par exemple pour le premier kanji, je vois un bonhomme sans tête, et une fenêtre, tout simplement.

A moi de créer une histoire avec des deux éléments primitifs à la manière des associations présentées dans  l’exercice de fin de cet article.

Ensuite, il ne me reste qu’à intégrer  le mot traduit à l’intérieur de l’image pour bien me souvenir de ce que le kanji représente :

 

Voici un autre exemple avec le mot « ustensile » pour vous donner une idée de comment mémoriser les kanjis :

ustensiles

Ce kanji est constitué de 5 blocs primitifs : 4 carrés et à nouveau l’ homme sans tête au milieu. A vous de vous créer une histoire mnémotechnique pour retenir comment dessiner ce Kanji.

Pour ma part, l’histoire que je choisirai est plutôt évidente :

Un homme sans tête se fait dévorer chaque membre par une bouche géante. Celles-ci utilisent des ustensiles pour couper les membres.

C’est un peu gore, mais avec une ou deux visualisations, je saurai le redessiner.

Parfois, il va vous falloir un peu d’imagination. C’est d’ailleurs un bon exercice pour booster votre créativité !! Il pourrait très bien être rajouté dans cette liste des 99 tâches pour booster votre cerveau !

Encore un exemple un peu plus dur :

Le verbe « s’entraîner »

entrainerkanji

Une fois que vous avez trouvé des images qui vous parlent, il devient plutôt facile de mémoriser les kanjis ! Peu importe que vous voyez Spiderman ou un miroir brisé ou encore un sapin de Noël. Ce sont vos images mentales, personne ne va vérifier ce qu’il se passe dans votre cerveau, et tant que cela fonctionne pour vous, c’est le plus important !

Spiderman s’entraîne à se battre contre une pieuvre. C’est un très bon entraînement !

 

Bilan : mémoriser les kanjis

A elle seule, la méthode Heisig et les techniques de mémorisation ne vous permettront pas de « parler » le japonais, mais elles sont beaucoup, beaucoup plus puissantes que les méthodes de rabâchage traditionnelles. De plus, comme toute langue, il vous faudra également apprendre la grammaire !

Vous aurez à peu près les mêmes facilités qu’un français pour apprendre l’italien ou bien un chinois pour apprendre le japonais. Vous serez familiarisés avec, et cela ne vous semblera plus si difficile d’accès. Vous aurez beaucoup de points de repères qui vous permettront de vous rappeler ce que vous avez mémorisé.

Sachez que la méthode Heisig est disponible en livre si vous voulez vraiment creuser la question. Par contre, je ne l’ai trouvé qu’en anglais.
Remembering the Kanji: A Complete Course on How Not to Forget the Meaning and Writing of Japanese Characters

 

J’ajouterai que pour bien ancrer les kanjis dans votre tête vous devrez en passer par une technique de rappel avancée. Je la décris dans l’article sur la mémorisation des capitales du monde.

Bonne chance ! 🙂

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28 Commentaires

  • Apprendre le japonais est l’un de mes plus grand rêve, mais c’est en effet un défi de taille!
    De plus le japonais n’a pas un, ni deux, mais bien 4 alphabets!
    Tout d’abord le Kanji, l’alphabet traditionnel issu du chinois, composé d’idéogramme, ensuite l’hirigana qui est un alphabet « syllabique », ou phonétique s’il on peut dire, qui est utilisé si le kanji associé au mot est inconnu de l’auteur ou carrément inexistant.
    Puis le Katakana qui permet une retranscription en japonais de mot étranger, ou pour les mots propres, les noms d’espèces de plantes et d’animaux…
    Et enfin le romanji, qui correspond tout simplement à notre alphabet latin, qui est utilisé pour retranscrire les noms japonais dans notre alphabet.

    Donc pour résumé, apprendre le japonais est un travail de très longue haleine, mais avec patience on peut arriver à tout 🙂

  • Yes,
    super intéressant comme article. C’est pas vraiment dans mes projets d’apprendre le japonais mais pour développer la créativité ça peux être sympa d’apprendre les 270 blocs primitifs ;).

    T’as trouvé une liste de ces blocks primitifs ?

  • Salut JY,

    Ayant moi-même appris environ 2000 kanjis grâce à la méthode Heisig, je confirme qu’elle est vraiment très efficace !

    Je voulais rajouter trois petites choses :
    – Le livre existe en français, il s’appelle le Maniette (il y a un lien dans mon article : http://minihon.com/2012/11/25/noubliez-plus-rien-mnemotechnique/)

    – Les deux « bonhommes sans tête » dont tu parles sont différents : 火 (feu) et 大 (grand)

    – Il existe un site (en anglais) qui recense des histoires : http://kanji.koohii.com/ (il y a un même un SRS ligne sur le site)

    Chouette article en tout cas !

  • Intéressant comme méthode, ça me redonne espoir de pouvoir apprendre le japonais un jour :D. C’est vrai que les kanji sont assez effrayants sinon.

  • Les langues asiatiques sont extrêmement dur à apprendre. Mon prof de culture asiatique avait d’ailleurs une excellente méthode pour retrouver le silence dans la classe, il arrêtait de parler français et parler en japonais et en moins de 5 minutes le silence régnait dans la salle.

    Je me concentre personnellement sur la partie phonétique en rajoutant une bonne dose de ludique, j’adore les manga et je les regarde uniquement en VO ST. D’ailleurs j’ai fait beaucoup de progrès sur le langage des pirates (pour ceux qui connaissent ils retrouveront facilement le manga : ワンピース )

    • Ca aide c’est clair. Je n’ai jamais appris le japonais, mais cet alphabet ne me fait pas peur. C’est un exercice d’imagination que de les transformer en images. Comme d’habitude, il ne faut pas se laisser impressionner par tous les caractères et y aller petit bout par petit bout.

      La phonétique c’est encore autre chose, les associations sont plutôt auditives qu’imagées, mais le principe d' »association » reste le même.

  • C’est pas mal du tout comme méthode, il doit y avoir beaucoup de personne qui aimera apprendre cette langue mais qui n’essaye même pas vu la complexitée de celle-ci.

  • bonjour JY,
    j’ai tjrs essayé d’apprendre le chinois ou le japonais, mais j’y sui jamais arrivée. j’ai tjrs trouvé trop difficile. mais là, tu donne une manière assez intéressante pour aborder cette tâche. je vais m’y atteler dès maintenant.
    Merci d’avoir partagé avec nous cet article où tu présente les choses de manières assez basique et simple (comme pour tous tes articles d’ailleurs).

  • Salut Jean Yves.
    Passionné d’arts martiaux, je me suis mis aux rudiments du japonais il y a quelques années. J’avais trouvé ça super… même si c’est un peu (beaucoup) plus compliqué que l’anglais.
    Je ne connais (pas encore) James Heisig mais j’étais arrivé aux mêmes conclusions concernant l’apprentissage des Kanjis. Pour commencer il faut apprendre les kanjis simples (et leur dérivés) qui se retrouvent dans les plus complexes.
    J’ai aussi un bouquin en anglais à la maison qui donne des idées sympa d’analogies entre les kanjis et leur signification.
    Pour finir il existe de super apps pour tablettes ou téléphones pour réviser.
    Et merci pour cette petite immersion dans la langue japonaise.
    Cyril

  • J’apprends le japonais depuis 2 ans mais ça ne fait que 2 mois que je me suis mis à la méthode Heisig (version française, par Y Maniette). J’avais commencé par les syllabaires hiragana et katakana, appris en 3 jours en utilisant les astuces mnémotechniques données ici : http://fr.wikibooks.org/wiki/Japonais/Hiragana/Leçon_1 )

    Pour les kanjis, effectivement les scénettes inventées par l’auteur permettent de bien mémoriser le tracé. J’en connais à peu près 400. J’aimerais les ancrer plus profondément dans un palais de mémoire mais là, je ne sais pas trop comment faire : je risque de remplir tous mes palais existants ! je sais qu’on peut les agrandir à l’infini, mais quand même… de plus, ils sont répartis par chapitre (au nombre de 54) selon une certaine logique. Il faudrait donc que j’arrive à déterminer 54 voyages pour y placer 38 kanjis en moyenne. Chaud !

    • Cela te prendra beaucoup de temps mais ne crois pas que c’est irréalisable 😉
      J’utilise 26 voyages rien que pour les jeux de cartes donc 54 ca peut le faire 🙂

      Tu peux faire 27 voyages de 2 chapitres chacun sinon 😉

      • Oui, je n’en doute pas, mais certains voyages vont être très chargés (heureusement, les premiers paragraphes sont petits, je les connais déjà très bien).

        Ce qui me paraît peut-être à tort plus difficile, c’est qu’il ne s’agit pas de placer un simple objet en interaction avec son environnement, mais une micro-histoire qui met elle-même en jeu plusieurs éléments-clés.

        Je peux me servir du fait que tous les kanjis d’un même chapitre ont des traits (graphiques) communs (d’où leur regroupement), mais des significations diverses. Voilà par exemple la phrase absurde que j’ai composée avec la signification principale (désignée par *) des 27 kanjis présentés dans le chapitre 15 :

        A l’école, *étudier pour *mémoriser ce qui est *florissant. *Ecrire dans ce *havre, sur l’*élevage *agressif et *vaincu : la *feuille de *destin. Le *respect, c’est *dire et *planifier pour *avertir en *prison. *Réviser le *débat sur l’*instruction de l’*édit impérial, *hermétiquement clos. *Parler, *composer un poème, *poème sur le *langage : à *lire !. Une *enquête pour *discuter du *consentement et *conseiller.

        L’objectif est bien moins de mémoriser cette liste de mots que de se rappeler la scénette permettant de les écrire : par exemple, le kanji qui signifie « mémoriser » est composé d’un symbole graphique défini (par l’auteur) comme étant le toit de l’école, sous lequel est placé le kanji « regarder » (représenté par un « oeil » sur des « jambes »). L’histoire à retenir, c’est qu’à l’école, nous devons mémoriser des choses qu’on ne voit ou perçoit pas directement avec nos sens (le kanji a aussi le sens de perception, sens, et même réveil).

        Je suppose que pour ce chapitre, le trajet que je faisais à pieds pour aller à l’école sera un voyage bien approprié, encore qu’il vaudrait peut-être mieux que j’en place un maximum dans l’école. En effet, la plupart des termes ont un lien avec l’instruction (y compris la prison, que je peux visualiser comme le “coin” de la classe où l’on envoie le cancre, ou même la zone de la cour lorsqu’on jouait à la balle au prisonnier…

        Mais ce qui importe, c’est de visualiser, pour écrire « prison », une “meute de chiens” qui visite (au “parloir”) le “petit chien” emprisonné… Il faut donc intégrer tous ces éléments au fond de la cour, imaginer une sorte de parloir… N’y a-t-il pas un risque de complications, de confusions ? d’autant plus avec les significations abstraites.

        Il faut d’ailleurs que je trouve un moyen de distinguer les verbes, avec un drapeau, par exemple.

        Mais même avec 27 voyages, j’aurais rempli 98 % de mes trajets/palais ! Faudra-t-il que “j’accroche” les autres données dont je veux me souvenir sur ces kanjis envahissants ? 🙂

          • Oui, j’ai déjà commencé à l’utiliser pour les adjectifs. Il est peut-être préférable de placer chaque kanji dans le premier lieu qui me vient à l’esprit (« prison » devant la prison, etc.), plutôt que de le considérer selon le critère de son appartenance au chapitre (et de ses liens (ses ressemblances) avec les autres kanjis du chapitre).
            Je ne sais pas si je suis très clair 😉

            L’avantage, c’est que chaque scène est bien en adéquation avec l’endroit où je la visualise ; alors que c’est loin d’être le cas si je prends les kanjis dans l’ordre où ils apparaissent dans le livre, et les place à chaque étape d’un voyage prédéfini. Je ne sais pas si je suis toujours très clair 😉
            L’inconvénient est alors d’oublier un kanji isolé.
            Et, comme tu le suggères, je peux stocker les verbes tous ensemble dans un lieu sportif, les adjectifs dans un parc, etc.

  • Bonjour avez vous des moyens mnémotechniques pour la prononciation ? je n’ai quasiment aucune difficulté à apprendre les écritures mais par contre je me mélanges constamment les pinceaux dans les prononciations ! pour moi tout se ressemble x) je vois que personne n’en parle donc je dois etre la seule à éprouver ce genre de difficulté! toute aide serai la bienvenue 😉

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